La recherche au service des entreprises
Le désengagement financier de l’Etat dans l’enseignement supérieur au détriment de l’encadrement pédagogique des étudiants, ne
permet à tous les doctorants qui le souhaiteraient d’exercer le métier d’enseignement, qui est le complément naturel de leur formation. Le statut précaire généralisé des doctorants qui enseignent
est, en outre, un problème majeur.
A ce problème, la réponse du gouvernement est d’intégrer, nous dit le projet initial de
réforme, « la valorisation,
les missions de conseil ou d’expertise pour les entreprises ou les collectivités publiques, et bien sûr l’enseignement » à l’activité doctorale, sous
la forme d’un contrat entre le doctorant et l’université.
Ainsi, en plus de
l'enseignement, des missions effectués à l’extérieur de l’université seront imposées aux doctorants, en particulier dans les entreprises privées. Les universités passeront des accords avec les
entreprises pour demander à de jeunes chercheurs de répondre à des problématiques qu'elles auront elles-même définies, orientées vers la satisfaction de leurs intérêts
privés.
Une réforme dans la
logique de la LRU
Cette réforme s’inscrit dans la refonte généralisée de l’enseignement supérieur en cours. Elle est une suite logique à la LRU, au Plan Licence et au Plan
Campus.
Ainsi, l’autonomie de chaque université, et la concurrence générale entre elles, sont confirmées par la fixation des termes du
contrat et des rémunérations, sans aucun plafonnement et sans minimum garanti précis, par les présidences universitaires dotées de pouvoirs élargis. Elles auront donc toute lattitude pour écarter
ou décourager les chercheurs qui refuseront de se plier aux orientations que les pouvoirs publics veulent imposer.
Les établissements les plus riches et les plus pourvus, collaborant avec les plus grosses entreprises, pourront ainsi rémunérer
convenablement une minorité de doctorants utiles aux intérêts privés. Elles attireront vers elles des doctorants en nombre, privant la recherche « non-rentable » mais utile socialement
d'autant de cerveaux. Les universités et les filières qui n’intéressent pas ces intérêts privés, ne pourront, quant à elles, aucunement fournir de « contrats doctoraux » attractifs aux
candidats doctorants. Les doctorants seront en concurrence les uns avec les autres, ce qui ne favorisera pas la collaboration des chercheurs entre eux, et donc la production de savoirs
scientifiques.
Une mesure de précarisation du statut de doctorant
Les doctorants les plus mal lotis seront condamnés à la précarité des petits boulots comme complément au financement de leur thèse.
Pour ceux d’entre eux qui enseigneront, c’est un statut corvéable à merci qu’il faut prévoir. Le projet condamne, par exemple, toute rémunération des heures travaillées pour la surveillance des
examens.
Le « contrat doctoral unique » viendrait ainsi se substituer aux allocations de recherche et aux contrats de monitorat
dont il est prévu la suppression pure et simple. Les jeunes chercheurs seront ainsi contraints, de fait, à se soumettre in fine aux besoins des entreprises et aux désidératas de
présidences universitaires toujours plus à leur service, pour pouvoir financer leur activité de recherche. Il s’agit d’un véritable attentat à l’intégrité de la recherche publique, dont le souci
de vérité est incompatible avec l’immixtion généralisée en son sein des intérêts capitalistes.
Lancer la contre-offensive !
L’USEL-FSE exige l’abandon pur et simple de ce projet de décret, que l’effrontée Valérie Pécresse ose présenter comme une
« garantie sociale ». Nous condamnons les concertations que le gouvernement souhaite engager à son sujet, et appelons l’ensemble des syndicats universitaires à ne pas s’y rendre. Aucune
négociation n’est possible sur une telle base.
On ne compte que 5% d'enfants d'ouvriers en doctorat. Cette réforme accentuera encore cette forte sélection qui participe au
maintien d'une société inégalitaire, alors qu'il faudrait au contraire imposer une vraie garantie sociale étudiante, ainsi que l'embauche massive de personnels enseignants, permettant au plus
grand nombre d'accéder aux niveaux d'étude supérieurs.
Pour faire reculer le gouvernement, la fronde des seuls doctorants ne suffira pas. Alors que la grande majorité des étudiants et des
personnels subissent des attaques continues contre leurs conditions de vie et d’étude, il nous faut converger tous ensemble pour gagner sur nos revendications et sauver l’enseignement public.
C’est à cette perspective que notre syndicat veut travailler, et autour de laquelle il appelle toutes et tous à se mobiliser.
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Abandon pur et
simple du « contrat doctoral unique » !
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Pour une
garantie sociale étudiante permettant à toutes et tous de poursuivre ses études, sans immixion des entreprises privées !
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Pour une
Université gratuite, publique, laïque et populaire !
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