Atteinte au droit de réunion sur Lyon 2... Mais vote du blocage à Bron !

Publié le par le collectif N.R.V

C'est bien joli des droits de l'homme et du citoyen, une constitution... Mais lorsqu'on essaie d'utiliser nos droits d'une façon qui déplaît à ceux qui détiennent le pouvoir politique et économique, ils appellent ça des "perturbations" et envoient les CRS !

Suite à la fermeture administrative de l’université Lyon 2, cette journée du lundi 3 décembre 2007 a vu encore une fois un bras de fer entre étudiant.es mobilisé.es contre la LRU et la présidence de Lyon 2.

- La présidence de Lyon 2, soucieuse de faire de l’université un lieu démocratique de débats, avait fermé administrativement les deux campus jeudi 29 et vendredi 30 novembre, empêchant ainsi :

  • la tenue de l’AG du campus des quais jeudi dernier, où un vote à bulletin secret devait être mis en place, vote organisé conjointement entre étudiant.es mobilisé.es favorables et non favorables au blocage ;
  • la préparation d’un vote sur le campus de Bron selon les mêmes modalités, à l’issue de l’AG de lundi 3 décembre ;
  • et ... de faire de l’université un lieu démocratique de débats !

- La présidence a préféré organisé son propre vote en banalisant la journée du lundi 3 décembre. Ce vote a été pris en charge de A à Z par l’administration, aucun.e étudiant.e mobilisé.e n’ayant eu son mot à dire. Les étudiant.es mobilisé.es ont bien évidemment appelé au boycott de cette mascarade et appelé à des AG à 13 heures, sur les sites des quais et de Bron.

- Mais nous n’étions pas au bout de nos peines ! Très démocratiquement et toujours pour favoriser le débat, seuls les lieux de votes étaient accessibles, et aucun bâtiment n’a été ouvert aux étudiant.es afin qu’ils et elles puissent y tenir ne serait-ce qu’une assemblée générale.

- Pour pouvoir tenir leur AG, les étudiant.es ont bloqué l’accès aux votes jusqu’à ouverture d’un lieu. La présidence n’a pas accédé à cette pourtant maigre revendication, et est restée inflexible sur sa vision de la démocratie et de débats, en envoyant même la police sur les quais. Après une bonne heure de blocage du lieu de vote, et faute d’avoir obtenu l’ouverture par la présidence de la halle des sports, lieu habituel des AG, les étudiant.es de Bron se sont refugié.es dans un amphi resté énigmatiquement ouvert.
Malgré ces intimidations de la présidence et le fait que l’AG n’a pu se dérouler à l’heure prévue, cette AG a réuni entre 700 et 800 étudiant.es qui ont reconduit la grève à 95% et le blocage du campus de Bron avec l’assentiment de près de 3/4 de participant.es.

- La présidence revendique quant à elle « [qu’]une très nette majorité d’étudiants a voté pour l’ouverture de l’Université et la reprise des enseignements » en nous sortant un joli camembert sur le site internet web-etu, avec des chiffres pompeux de 86% pour la reprise des cours contre 14% contre.

Hors, en tenant compte des votes blancs et des non votants :
- 12,6% des étudiants ont voté pour la reprises des cours.
- 2,1% des étudiants ont voté contre la reprise des cours.
- 0,8% des étudiants ont voté blanc.
- 84,5% des étudiants n’ont pas pris par au vote.

Ce qui donne ce joli camembert :

On s’aperçoit donc qu’aucune majorité ne se dégage du vote de la présidence, malgré tous les biais qu’il a comporté : aucun débat préalable, intimidation par mail de la présidence menaçant la validation du semestre, censure du point de vue des étudiant.es mobilisé.es sur le site internet web-etu, etc.

Il est donc bien évidemment hors de question pour les grévistes de prendre ce vote en considération, et le blocage du campus de Bron continue. Pour les quais, faute d’avoir pu se réunir en AG pour continuer le blocage, une AG doit être appelée très rapidement pour décider la reprise ou non du blocage.

- La présidence a tenu une conférence de presse ce soir lundi 3 décembre à 20 heures, où elle a annoncé « [qu’]elle prendrait toutes les dispositions pour que la reprise des cours est lieu. » Sur le web-etu, elle annonce aussi « [qu’]elle ne tolèrera ni blocage ni troubles. »
Une intervention policière est donc à craindre... De plus, l’accès au campus de Bron sera désormais réservé aux étudiant.es et personnels munis d’une carte CUMUL (carte de l’université).

 

Journès, Chvetzoff, Valentin, démission !


Malgré les fermetures administratives, les diffamations, le vote à bulletin secret organisé par la présidence autour d’une question fallacieuse dont les deux termes signifiaient la fin de la grève, vote boycotté par la majeure partie des étudiants, malgrè le refus de la présidence de laisser les étudiants tenir leurs assemblées générales, et malgrè la direction de l’UNEF, les étudiants ont réussi à se rassembler et à s’organiser ce lundi 3 décembre.

Une AG a pu se tenir à Bron, et a rassemblé plus de 700 étudiant.es, plus d’une heure en retard malgrè les conditions difficiles. La continuation de la grève a été voté à plus de 95%, de même que le maintien du blocage, des piquets de grève et de l’occupation de l’université à 555 voix après un vote à bulletin secret organisé par l’AG, seule légitime.

Sur les Quais, l’interdiction faite par la présidence de tenir une AG a abouti au blocage du vote à bulletin secret par les étudiants mobilisés, pour revendiquer une salle pour se réunir. Des vigiles privés sont intervenus, tandis qu’une minorité d’étudiant.es violent.es ont été laissé.es par la présidence tenter de forcer le barrage. Présidence qui a été jusqu’à appeler la police pour faire respecter sa curieuse conception de la démocratie.

Nous condamnons ces atteintes au droit fondamental de se réunir.

Considérant que la présidence de l’université, largement discréditée, n’hésitera plus à employer tous les moyens pour mater la grève étudiante, nous condamnons par avance toute future intervention policière sur les campus pour évacuer les grévistes. Nous répondrons à toute attaque de ce type par un appel à la grève de tous les acteurs de l’université et de leurs organisations, personnels et étudiants, jusqu’à ce que des conditions véritablement démocratiques soient établies, permettant la poursuite de la lutte.

Notre priorité est l’extension de la lutte. Nous appelons les étudiants à participer massivement aux manifestations du mardi à 14h place Bellecour, et de jeudi à à 13h place Bellecour également, au côté des personnels, des chercheur.es, des lycéen.nes et des salarié.es.

 

« Un lieu démocratique et de débats », nous ont-ils dit !
Bienvenue en Sarkoland, le bras de fer continue !
 

Publié dans Education

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