communiqué de la fse lyon

Publié le par le collectif N.R.V

Changement de majorité parmi les étudiants de Lyon 2

 

 

Le 27 mars 2008 se sont tenues à l’Université Lyon 2 des élections étudiantes au Conseil Centraux (notamment Conseil d’Administration et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, qui dirigent l’Université). 5 sièges étaient à pourvoir au CA, et 14 au CEVU.

 

Lors de ces élections, la FSE est arrivée très largement en tête avec 32% des voix, loin devant l’UNEF qui n’a obtenu que 23%. A titre de comparaison, aux élections de l’année dernière, l’UNEF avait obtenu 53% et la FSE 10%. Il s’agit donc d’un retournement complet de la situation. Pour nous, il s’agit d’une victoire historique que nous avons arraché dans ce qui était pourtant l’un des fiefs historiques de l’UNEF, l’université de Bruno Julliard.

 

La répartition des sièges est la suivante :

 

 

CA

 

FSE : 2 sièges

 

UNEF : 1 siège

 

Cé : 1 siège

 

EVU (liste corpo) : 1 siège

 

 

CEVU

 

FSE : 5 sièges

 

UNEF : 3 sièges

 

Cé : 3 sièges

 

EVU : 2 sièges

 

UNI : 1 siège


 

Avec un tiers des voix, la FSE s’impose clairement comme la première force syndicale étudiante de Lyon 2. Ce résultat sanctionne une nette progression de notre activité dans les derniers mois, dans la lutte contre les mesures du gouvernement, sur les questions sociales, internationales, aux côtés des sans-papiers, contre la répression, dans la défense quotidienne des étudiants, etc.

 

Nous spécifions néanmoins que nos excellents scores ont été objectivement facilités par un taux de participation plus bas que d’habitude (moins de 10%), et par l’effondrement quasi-total de l’UNEF au plan local, bien qu’elle ait fait venir des renforts de toute la France pour l’aider dans sa campagne électorale. Le résultat n’en reflète pas moins une réelle évolution du rapport de force.

 

D’où vient ce résultat ?

 

Ce résultat, avant tout, a une signification politique. Il signifie qu’une grande partie des étudiants partagent notre analyse sur le caractère nocif des mesures gouvernementales. Ce résultat est, quelque part, une émanation du mouvement contre la Loi LRU de novembre/décembre 2007.

 

D’autre part, ce résultat exprime, dans une certaine mesure, le rejet de la politique musclée, autoritaire, répressive du Président de l’Université Claude Journès, dont nous avons été, sommes encore et continuerons à être les principaux opposants étudiants. Rappelons que la présidence universitaire, a, cette année et l’année dernière, fait intervenir de nombreuses fois la police sur les campus et fait arrêter de manière ciblée des étudiants militants, dont des adhérents de la FSE. Depuis 2 ans, plusieurs instructions ont été ouvertes, sur plaintes de la police, de tiers ou de l’Université elle-même. L’année dernière, nous avons acquis la preuve que l’Université pratique le fichage des étudiants militants, notamment au moyen des caméras de vidéosurveillance. 6 étudiants dont notre élu au Conseil d’Administration avaient par la suite été traînés en Conseil de Discipline pour « divers troubles portant atteinte à l’ordre et au bon fonctionnement de l’Université », sur la base d’accusations infondées et de nature politique. Heureusement, aucune exclusion n’a pu être prononcée. Cette année, outre le matraquage systématique des étudiants grévistes, la présidence n’a pas hésité à faire vider notre local et à se saisir de nos affaires, le même sort ayant été réservé à 5 autres associations. Pour finir, l’un de nos camarades arrêté de manière ciblée devant l’Université lors d’un « déblocage » par les CRS doit comparaître le 29 mai devant la justice sur l’accusation sans preuves de « violence sur agent ».  Rappelons que ce jour là, comme en témoignent de nombreux films et témoignages, la violence se situait du côté de la police et non pas des étudiants. Ces faits ont réellement marqué les étudiants. Pour eux, le principal responsable n’est autre que le Pdt Claude Journès. Ils savent que le Conseil d’Administration devra voter la confiance à Journès, et beaucoup ont voté pour nous sur la base de notre engagement à voter « non ». Des phénomènes analogues pourraient bien avoir lieu lors des élections enseignantes du 8 avril.

 

Ce résultat, enfin, traduit tout autant notre progression que l’affaiblissement continu des autres forces étudiantes. La Cé, l’UNI et les corpos, par leurs scores médiocres, montrent le faible nombre d’étudiants qui soutiennent les mesures du gouvernement, et leur difficulté à s’implanter durablement. La Cé par exemple avait investi des moyens énormes avec comme objectif clair d’arriver en tête et d’enlever la majorité en captant les voix des étudiants antigrévistes « modérés ». Elle talonne à peine l’UNEF, faisant jeu égal avec elle en termes d’élus.

En ce qui concerne l’UNEF, elle paye durement ses choix pendant la grève et ses ambiguïtés. Une grande partie de leurs militants confient même avoir voté pour nous. Un jour pour la grève, contre le lendemain, elle a réagi à la répression policière en prétendant ne soutenir « ni le blocage, ni la répression ». Son incapacité à demander l’abrogation de la Loi LRU ou à condamner la présidence universitaire, provenant de ses méthodes capitulardes et collaborationnistes, lui a fait perdre à la fois le soutien des grévistes et des antigrévistes.

 

Ce que compte faire la FSE

 

            La FSE se félicite bien évidemment de cette victoire. Mais nous ne comptons pas nous endormir sur nos lauriers. Bien que nous disposions d’élus au sein du CA et du CEVU, ces instances n’en reste pas moins fondamentalement antidémocratiques, de véritables chambres d’enregistrement pour le Ministère et la Présidence universitaire.

            Nous ne comptons pas cogérer la pénurie budgétaire aux côtés de la Présidence, ni négocier le rythme et l’intensité des attaques contre les étudiants, comme l’avait fait l’UNEF. Nous serons au contraire la voix, les yeux et les oreilles de la résistance à ces politiques. Notre rôle ne consistera pas à proposer mais à revendiquer. Notre rôle dans les conseils sera aussi d’informer les étudiants de ce qui se trame dans leur dos, et le cas échéant de les mobiliser.

 

            Les transformations profondes de l’Université, synthétisées par les réformes universitaires, nous donnent du pain sur la planche :

 

-                      l’étranglement budgétaire organisé par l’Etat vise à obliger l’Université à donner une influence croissante aux financements privés et à liquider les filières non rentables,

-                      l’absence de créations de postes titulaires engendre un précarisation croissante du personnel enseignant,

-                      la multiplication des stages en entreprises non rémunérés dans les cursus, la casse du cadre national des diplômes et leur non reconnaissance dans les conventions collectives, s’attaquent directement au statut des étudiants comme futurs salariés,

-                      les annonces du gouvernement sur une augmentation drastique des frais d’inscription dés l’année prochaine va rendre encore plus difficile l’accès à l’Université pour les classes populaires,

-                      la sélection dés la première année (qui est évoquée dans la loi LRU et le Plan Licence), sous couvert « d’orientation active » finirait de mettre en place une fac élitiste,

-                      en ce qui concerne les questions sociales, alors que de moins en moins de fils d’ouvriers peuvent accéder à l’université, les conditions générales de vie et d’études continuent de se déclarer,

-                      Pendant ce temps, le gouvernement continue de s’attaquer aux conditions de vie des travailleurs, qu’il s’agisse du contrat de travail, de la retraite, de la santé, etc.

A l’exacte opposé de ces politiques, la FSE prône une Université publique, laïque, gratuite, ouverte à tous, de qualité, critique, populaire. La FSE prône également la solidarité entre les étudiants et les travailleurs dans la défense de leurs droits. Nous sommes pour une Fac fermée aux intérêts privés, et pour une Fac ouverte aux enfants d’ouvriers.

 

            Notre projet ne prendra pas vie dans les Conseils, mais dans une lutte de classe et de masse. C’est au fond sur la défense de cette ligne, loin des promesses démagogiques des autres listes, que nous avons remporté des succès, et que nous espérons en remporter d’encore plus importants.

 

C’est sur la base de cette ligne, que nous appelons le plus grand nombre à rejoindre la FSE ou à se rassembler autour de nous, en tant que nouveau pôle de résistance universitaire. Sur la base de ce succès, nous sommes motivés à construire l’organisation puissante qui pourra tenir en échec les politiques du Ministère et de la Présidence universitaire.

 

 

La Fédération Syndicale Etudiante

Publié dans Education

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