Romans, poubelle nucléaire

Publié le par le collectif N.R.V

TIRE DU LABORATOIRE DE VALENCE

L'équipe de l'été du  blog le Laboratoire  communique ces renseignements fort utiles

pour la mobilisation contre la poubelle nucléaire que représente cette usine aux portes du quartier de la Monnaie de Romans.

 

 

Event et Départ du Collecteur Spécial des effluents du site nucléaire d'AREVA

 

Analyse, reportage et contrôle in situ à la station d'épuration
et ailleurs . . .

Le site nucléaire d’AREVA de Romans sur Isère se compose de deux Installations Nucléaires de Base appelées en abréviation INB.

-  L’INB désignée sous la nomenclature n°63 est exploitée par la Compagnie pour l’Etude et la Réalisation de Combustibles Atomiques (CERCA) qui est une filiale du groupe AREVA.
La  CERCA est spécialisée dans la fabrication d’éléments de combustibles pour les réacteurs nucléaires avec un  taux d’enrichissement en uranium 235 qui peut atteindre 93,5%.

-  L’INB désignée sous la nomenclature n°98 est exploitée par la société Franco Belge de Fabrication de Combustible (FBFC), l’installation est spécialisée dans la fabrication de combustibles nucléaires destinés aux réacteurs nucléaires à eau sous pression du type des centrales nucléaires Françaises avec un  taux d’enrichissement en uranium 235 d’environ 5%.

Ces deux entités possèdent des autorisations réglementaires de rejets radioactifs et chimiques sous forme gazeuse ou liquide.
Il existe pour le site nucléaire d’AREVA de Romans sur Isère un certain nombre de dispositions d’alertes tel que le Plan Particulier d’Intervention (PPI), Plan d'Urgence Interne (PUI) et de contrôles, ainsi que diverses commissions départementales et locales avec au sommet de la pyramide l’Autorité de Sûreté Nucléaire. 
Néanmoins en ce qui concerne le site d’AREVA de Romans sur Isère, la Commission Locale d’Environnement appelée CLE qui est chargée notamment d’apporter des améliorations concernant la sûreté du site nucléaire ne s’est plus réunie depuis décembre 2006.
Suivant la loi du 13 juin 2006 sa substitution par la Commission Locale d’Information appelée CLI aurait du avoir lieu sur décision du Conseil Général de la Drôme, force est de constater que la CLI est toujours inexistante à ce jour.

Concernant l’évènement dit de la fuite radioactive de la CERCA découverte le 17 juillet 2007, les "investigations" en cours démontrent divers dysfonctionnements structurels directement inhérents à la sûreté intérieure et extérieure au site.
Il est d’ailleurs regrettable (à notre connaissance) que ceux-ci n’aient pas été mis en exergue par la CLE ou la CLI. Si les plans de sûreté et d’alerte concernant une contamination radioactive aérienne sur zone ont fait l’objet de toutes les attentions, des anomalies apparaissent en cas de rejets accidentels d’effluents radioactifs liquides, ce qui est l’évidence suite aux constatations de l’incident de ce 17 juillet 2008.

(idem événement SOCATRI = effluents uranifères)


Etude succincte des rejets liquides "normaux" et accidentels "possibles"
du site nucléaire d’AREVA de Romans sur Isère.

- Types de rejets liquides :
A1, A2, A3 - 3 types de rejets liquides normaux existent in situ.
B - 1 type de rejet liquide accidentel possible devrait être soumis à un contrôle ultime.
C - 1 type de rejet liquide accidentel possible devrait être immédiatement analysé pour évitement ou correctif.

A1 - Les eaux contaminées par des effluents radioactifs ou chimiques sont en principe évacuées vers une station de traitement physico chimique de récupération des matières en suspension.
Les effluents résiduels  radioactifs et chimiques réglementaires sont envoyés via un collecteur spécial directement dans l’Isère en aval du barrage de Pizançon, rive droite sous les piles du pont des Allobroges à Romans sur Isère.

Pour l’année 2006, suivant les données du gestionnaire du site nucléaire, les volumes d’effluents rejetés sont :
- Masse volumique globale d’effluents rejetés: 12 447 M³/an soit en moyenne 34 101 Lt/j.
- Activité radioactive Alpha de ces effluents due aux isotopes de l’uranium : 0,37GBq soit 370 Méga Becquerel.

- Masse globale d’uranium rejetée par ces effluents : 3,12 Kg/an soit en moyenne 8, 54 Gr/j.
- Masse globale de fluor rejetée par ces effluents : 50 Kg/an soit en moyenne de 136,98 Gr/j.
- Masse globale d’Azote rejetée par ces effluents : 10,37 Tonnes soit en moyenne 28,42 Kg/j.
- Masse globale de matières en suspension rejetée par ces effluents : 545 Kg/an soit en moyenne de 1,49 Kg/j.

A2 – Les eaux usées dites domestiques sont évacuées dans le réseau de collecte de la ville de Romans pour aboutir à la nouvelle station intercommunale d’épuration.

A3 – En l’absence de tout cours d’eau dans le site nucléaire et malgré un exutoire sur le collecteur spécial avec un bassin de rétention, les eaux pluviales sont elles aussi évacuées dans le réseau de collecte de la ville de Romans pour aboutir à la nouvelle station intercommunale d’épuration.


B - Un rejet liquide accidentel (défaillance) issu de la station de traitement physico chimique de récupération des matières en suspensions est un scénario possible, en conséquence indépendamment des contrôles et alertes in situ,  un contrôle d’alerte ultime (station automatique) devrait avoir lieu au final du collecteur spécial sous le pont des Allobroges à Romans sur Isère.

C – Le scénario de l’évènement du 17 juillet :

Dans la nuit du jeudi 17 au 18 juillet 2008 la FBFC filiale du groupe AREVA informe l’Autorité de Sûreté Nucléaire de la découverte d’une rupture d’une canalisation en PVC située dans une goulotte en béton elle-même fuyarde par sept évacuations, l’ensemble étant recouvert de dalles en béton non étanches.

Cette canalisation fuyarde sert au transfert d’effluents radioactifs ayant un dosage de 2 mg par litre d’uranium artificiel enrichi à 50 % de l'atelier de recyclage de l’entité CERCA vers la station de traitement des effluents.
Il est constaté physiquement que les boues répandues ont physiquement une longueur de plus de 25 mètres sur 25 à 50 cm de haut.

Calculs volumiques et massiques :
- la masse d'uranium artificiel présente contenue dans ce seul dépôt statique s'élève en T instantané environ à 12 Gr (25x0,5x05x1000x0,002).
Le quantitatif global du volume massique d'uranium artificiel étant un rapport du Volume sur Temps. S'il est confirmé que le volume des effluents transféré par la canalisation fuyarde s'élève environ à 50 M³/an, il sera relativement facile de calculer la masse d'uranium artificiel perdue par rapport au temps avec deux migrations possibles, soit dans le sous-sol ou dans un ruissellement avec comme véhiculeur les eaux pluviales.

A ce jour le seul élément manquant afin d'estimer la masse globale d'uranium artificiel perdue est le chiffrage du débit de la fuite.
En tout état de cause en fonction des chiffres communiqués, si l'on considère l'hypothèse saugrenue mais révélatrice d'une fuite totale de 100% du transit des effluents par la canalisation de transfert de la CERCA à la station de traitement le chiffrage maximum s'établit sur une période de 11 ans à :
50 M³/an x 11 ans x 1000 ( en litres) x 0,002 soit 1 100 Gr sur la période considérée !!!

En conséquence les chiffres immédiatement annoncés des rejets de 200 à 700 grammes d’uranium, n’ont évidemment aucune valeur en soit et peuvent même être considérés comme totalement fantaisistes, voire de la désinformation pour rassurer.
(Dossier en cours, voire procédure envisagée).


Dans la nuit 3 inspecteurs de l’ASN se rendent immédiatement sur les lieux et relèvent que :

- Le rupture de cette canalisation daterait, selon l’exploitant, de plusieurs années,
la date de 1997 est plausible.

-  Suivant le communiqué de l’ASN en date 18 juillet 2008 :
" - l'exploitant a pris des mesures correctives destinées à protéger la zone contre les éventuelles intempéries.»
Ce qui signifie en d’autres termes que le lieu de l’événement où se situe la rupture de la canalisation est à l’extérieur, en conséquences soumis aux intempéries. 
Sans aller réaliser les relevés pluviométriques, il est légitime de se poser la question de la finalité depuis plusieurs années des eaux pluviales (ruissellement) in situ qui n’ont pas migré dans le sous-sol (dilution).

 
 

 

 

Le paragraphe précédent A3 apporte une réponse partielle possible :  
"les eaux pluviales sont elles aussi évacuées dans le réseau de collecte de la ville de Romans pour aboutir à la nouvelle station intercommunale d’épuration".


En conséquence un déplacement de contrôle réalisé à la station intercommunale d’épuration à l’arrivée de l’émissaire général de collecte a révélé un signal supérieur au bruit de fond.
Un contrôle surfacique sur les boues va être réalisé pour confirmation.

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Publié dans Environnement

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Nico 30/08/2008 01:09

Et bien pour lutter contre le projet d'installation d'une décharge chimique  à Romans, Il y a demain, Samedi 30 Aout: 1 festival "Chambarouf". Voilà, venez nombreuses...