Le 1er Mai 1890 à Vienne

Publié le par le collectif N.R.V

La première journée de revendication organisée internationalement par la classe ouvrière date donc du 1er mai 1890. Grèves et manifestations revêtent une ampleur impressionnante dans les démocraties industrialisées, tandis que l’événement passe pratiquement inaperçu dans les pays pauvres, les colonies et les dictatures.

Les anarchistes français boudent tout d’abord l’idée de manifester à date fixe pour réclamer des droits. Pour eux la grève ne doit pas être revendicative, mais donner le signal de la révolution « la guerre des poings fermés, fermés sur le manche d’un couteau où la crosse d’un pistolet ». Ils se rallient malgré tout à la manifestation mais s’organisent pour donner à ce 1er mai 1890 un caractère insurrectionnel. Bien informée par ses indicateurs, la police les devance et coffre préventivement les militants à travers tout le pays, sauf à Vienne où Louise Michel, le compagnon Thennevin, Pierre Martin et Joseph Tortelier appellent les ouvriers et les ouvrières à la révolte.

Brandissant des drapeaux rouges et noirs, la foule des pauvres investit la rue et prend d’assaut les fabriques des « affameurs ».  Le cortège arborant drapeaux rouges et drapeaux noirs et chantant "la Carmagnole" ne tarde pas à se heurter aux "forces de l'ordre". Des barricades sont érigées, l'usine d'un patron du textile est pillée, mais les meneurs sont arrêtés. La grève dure cinq longs jours au terme desquels la petite ville, soumise à un véritable état de siège, doit plier devant le légalisme républicain.

 

Publié dans Infos diverses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article