Les ténias tiennent un meeting

Publié le par KLAV

Hier, une table ronde était organisée à Lyon par l'UNEF et la CGT autour de la précarité des étudiants. C'était censé être une conférence-débat suivi d'un concert. Bon, bien sûr, vous en avez pas grand chose à foutre, mais c'est tellement révèlateur...

- A l'entrée, des vigiles, soutenus par les gros bras de la CGT, et derrière toute cette masse musculaire, les pontes de l'UNEF Lyon. C'était sur invitation mais en avoir une ne suffisait pas. Un tri draconien encore plus sélect que pour rentrer en boite ! Fallait être connu - ou alors pas du tout - de toute façon. J'sais pas pourquoi ils nous ont laissé rentré, d'ailleurs, mais beaucoup n'ont même pas pu être déçus parce qu'on allait trouver à l'intérieur. Ca s'est même sérieusement embrouillé.

- Ensuite, le meeting avait lieu dans une putain de salle trop classe genre de théâtre, plongée dans la pénombre. Pas le droit de fumer, pas beaucoup de possibilités de se déplacer. Des vigiles surveillent la salle, et attention, pas le droit de bouger le petit doigt sinon ils rappliquent direct. Puis des unefiens circulent dans les rangs, histoire de voir si on applaudit bien.

- Sur l'estrade, une dizaine de personne, réunissant les leaders de la CGT et de l'UNEF, qui se lancent d'abord dans des discours. Puis le débat commence... Mais entre eux ! Comme à la télé, quoi, sauf que devant ta télé, tu peux les insulter comme tu veux sans qu'on te casse la gueule. Je passe sur les purement propos sociaux démocrates et anti-populaires qui ont été tenus par Bruno Julliard et ses alcolytes. Juste une chose : les émeutes de novembre, qui était évoquées par les flyers ont été qualifiées "d'irrationnelle" ou d'"abérrante", je sais plus, et Bruno Julliard a fait un rapprochement avec " l'obscurantisme et le communautarisme".  Merci pour eux.

- On était censé pouvoir témoigner de la précarité dans laquelle les étudiants sont plongés, mais pour pouvoir le faire, pas moyen de s'inflitrer sur l'estrade pour aller expliquer la vie à nos leaders. Il fallait donner des papiers aux unefiens qui triaient les témoignages qui leur convenaient ou pas.  Autant vous dire qu'on avait pas le droit à la parole.

 

En résumé :
- Pas laisser rentrer les détracteurs qu'ils peuvent ne pas laisser entrer, empêcher toute opposition dans la salle par coercition, un public qui applaudit quand il faut et qui hue quand il faut... Franchement, chapeau, les gars. Vous savez vous montrer autoritaires... Si d'ailleurs ça c'est pas l'Autoritarisme...
- De l'acuité de la lutte des classes au sein des structures syndicales. Le fait qu'ils ne parlent qu'entre eux, sur le feu des projecteurs, face à la masse servile des militants, était révèlateur de la fracture entre eux et leur base adhérente. Et c'est quoi ces syndicalistes incapables de se montrer face à une salle qui leur était dévouée sans avoir une troupe de vigiles pour les protéger ? Quant à la fracture entre eux et les gens qu'ils sont sensés représenter (les travailleurs et les étudiants) mais qui ne peuvent pas rentrer...

 

Publié dans Comptes-rendus

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