Une journée de mobilisation réussie autour du procès intenté à Jean-Emile Sanchez

Publié le par le collectif N.R.V

Dès 8 heures du matin, 200 personnes étaient là pour accompagner l'agriculteur au tribunal, où il a été jugé, malgré le retrait de la plainte déposée par Danone et la légitimité évidente de leur action. De plus, lui seul a été jugé alors que d'autres producteurs s'étaient proposés de comparaître devant le tribunal avec lui. Pendant la matinée ont afflué les manifestants, jusqu'au champ de Mars où était basés les stands des organisations présentes. Solidaires était très présent, de même que Attac, No Vox et les organisations de chomeurs. Il y a eu des débats concernant les problèmes rencontrés par les différentes filières agricoles. Ca faisait un peu foire au militantisme mais dans une ambiance bon enfant, populaire, il faisait un temps superbe et les repas servis donnaient envie de soutenir les paysans.

Un large cortège où notamment, accompagné d'un vrai chanteur, d'une fanfare très sympa et précedé de deux vaches s'est ensuite rendu à la place de la mairie. Nous devions être deux bons milliers. La police était présente, mais discrète : ils n'ont pas sortis tout de suite la grosse artillerie lourde. Sur la place de la mairie, les acteurs de la convergence des luttes ont pris la parole. La création d'une mobilisation unitaire autour de ce procès inique a été réussie. Et puis, les discours ont été bourrins et motivants. Un appel à été lancé à manifester le 2 décembre à Paris contre le chomage et la précarité et à participer aux marches européennes jusqu'au G8 de Rostock en 2007. Enfin, la place de la mairie a été rebaptiée place du droit au revenu.

Le cortège s'est dirigé vers la préfecture pour remettre, de la part de la Confédération Paysanne, l' "appel de Vienne". Il est vrai que les appels à l'insurrection ne se sont pas traduits en faits, mais il faut dire que les forces de l'ordre n'ont pas été très provocantes - même si elles le sont toujours - et que les manifestants n'ont pas eu à subir de répression. Nous avons fini par retrouver un tas de bleus à la Sous-Préfecture. Les CRS, villipendés haut et fort, s'attendaient à un conflit. Et à la place, le chanteur du cortège a entonné une chanson évoquant un régiment qui avait refusé de tirer sur des vignerons.

Il est finalement requis contre Jean-Emile Sanchez tout de même 4 mois de prison avec sursis. Le jugement est mis en délibèré et nous espèrons qu'il ne dépassera pas les recommandations du parquet. Nous souhaitons également aux producteurs de la Confédération Paysanne d'obtenir satisfaction à leurs revendications.

Bref, une agréable, utile et réussie journée de mobilisation. On se levrait bien tous les matins pour voir Vienne comme ça.

Le reportage d'M6 (seul média bourgeois à avoir fait un reportage télévisé sur la journée de mobilisation) en attendant des photos.

Un article relatant cette journée sur Rebellyon.

Publié dans Monde rural

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