Le "sécuritarisme", contraîre aux intérêts du peuple

Publié le par le collectif N.R.V

II Incompatible avec la sécurité du peuple

 Cette idéologie sécuritariste est contraire aux intérêts du peuple. L’ordre bourgeois, violemment coercitif, est son ennemi.   

 

 

1 – Une sécurité physique menacée  

La sécurité physique du peuple n’est pas fonction du nombre de flics dans une ville. Tout d’abord, loin d’être limités aux seules classes populaires, les auteurs de violences, comme leurs victimes, sont réparties dans toutes les couches sociales. Les violences au sein du foyer sont indécelables sans l’intervention de services sociaux, et c’est bien à la maison qu’il y a le plus de viols et de meurtres, pas dans la rue. Ce n’est donc pas en faisant circuler des camionnettes de CRS dans la ville qu’on empêchera les maris violents de tabasser ou de violer leur femme, qu’on empêchera des mômes de se prendre des gifles mortelles. C’est uniquement par la vigilance, par l’éducation et la présence de services sociaux. Mais la rue aussi est dangereuse, et les jeunes  qui y traînent sont victimes de fréquentes violences. Or, ce n’est pas là non plus de faire tourner les flics en ville qui permet de sauver ces jeunes. Les flics sont là pour qu’une apparence de calme règne, qu’importe si ces jeunes se torturent entre eux, ce qui compte c’est qu’ils ne crament pas de bagnole. Au delà des agressions, on est aussi en danger au travail : lorsqu’on travaille dans le bâtiment, le risque est constant et certaines usines sont très loin d’être aux normes. Et combien il y a-t-il d’inspecteurs du travail, hein ? Beaucoup moins que de flics, ça c’est sûr. Et reste le problème de la santé tout court. Lorsqu’on a pas de thunes, qu’on est chômeur, jeune sans emploi, étudiant pauvre, pas question de débourser 20 euros pour aller chez le médecin. Et l’Etat ferait mieux de nous payer des soins gratuits plutôt que de mettre des flics partout dans nos villes.  

 

2 – Une insécurité sociale maintenue 

 

De plus, la violence que nous subissons chaque jour dépasse largement ce qui entre dans les chiffres de la délinquance. 

 

La vie est d’une rare violence, surtout quand on a pas d’argent. Le monde du travail est un des lieux où elle s’exerce le plus fréquemment. Ca commence à l’école. Il faut obéir, faire ses devoirs sinon on sera collé. Ensuite, vient le temps de la concurrence entre étudiants dans les études supérieures. Quand il faut trouver du boulot, il faut aller faire le lèche botte dans les agences interim et accepter comme un chien ce qu’elles veulent bien nous donner, parce qu’on a « pas d’expérience ». Au travail, on doit obéir au patron, accepter de faire des heures sups, fermer sa gueule quand on se fait crier dessus, être poli, servile, faire des travaux dangereux, sous des températures parfois extrêmes, se retenir de pisser, de fumer, de manger, de lire, d’écouter de la musique, de s’assoire. Si c’est pas de la torture ! Et si t’es pas content, chômage, aller pointer aux assédics… Quelle vie violente ! 

D’autre part, on est pas en sécurité sociale, c’est clair. On est toujours sous la menace du chômage. Cette peur nous paralyse, nous empêche d’espérer autre chose qu’un CDI, n’importe lequel, dans n’importe quel secteur. Le CDI est le rêve de notre génération. Quelle misère ! Et une fois qu’on l’a obtenu, faut pas qu’il y aie une réduction d’effectif, une délocalisation. En attendant, on va de CDD en CDD, et on voit arriver avec horreur chaque fin de contrat. On serait presque content d’avoir un putain de CNE. L’intérim, qui est utilisé abusivement par de nombreuses entreprises, est l’institutionnalisation même de la précarité. De nombreux jeunes en sont réduits à faire des missions de 4 jours toutes les deux semaines, alors qu’ils sont qualifiés, au prétexte qu’ils n’auraient pas d’expérience. De plus, le chômage est criminalisé : le MEDEF a proposé qu’on mette des amendes aux chômeurs. Le RMI est une misère qui ne permet même pas de bouffer. 

Alors que le responsable de la précarité, ce n’est pas le précaire, c’est le capitalisme. C’est la bourgeoisie. Le marché est contrôlé par elle, c’est elle qui nous maintient dans la peur du chômage pour nous rendre plus dociles.  

 

La précarité nous maintient dans une misère sociale. En effet, ne pas obtenir de cdi, c’est être privé du logement locatif privé, c’est ne pas savoir si on pourra payer les factures demain. Le SMIC ne permet pas du tout de satisfaire aux besoins vitaux des classes populaires. Les parents ne peuvent pas payer aux enfants les activités extrascolaires qui leur permettent de compléter une éducation scolaire insuffisante. Ce qui est grave, lorsqu’on crame une voiture d’habitant d’HLM, c’est qu’on crame sa seule et unique propriété privée, et que c’est vraiment la seule chose qui lui appartient. Franchement, posséder en tout et pour tout une vieille bagnole à 40 berges, c’est ça qui est insupportable. Cette misère dans laquelle nous sommes maintenus par la bourgeoisie qui refuse de partager les richesses est le véritable crime.  

 

3 – Une échelle de répression qui ne correspond pas aux intérêts du peuple  

 

L’échelle des sanctions pénales infligées par la Justice bourgeoise est totalement en inadéquation avec la réalité des crimes. 

Prenons par exemple la répression de l’usage de stupéfiants, qui, on l’a vu, est très représentée dans les statistiques de la délinquance. Ce n’est pas une délinquance. Le marché de la drogue est comme tous les marchés, et c’est un marché qui n’est pas régulé par des lois et qui est donc plus violent. Mais fumer des joints n’est absolument pas vu comme un acte de délinquance par ceux qui en fument, à part au tout début peut être. De même, en vendre n’est pas considéré comme un délit par les classes populaires (progressistes). C’est une activité économique, commerçante, pareille à d’autres. Nous avons déjà parlé plus haut des vols.

La véritable insécurité, la plus constante, celle qui n'est pas le fruit d'un hasard, est celle que la bourgeoisie nous impose. La bourgeoisie cherche à substituer, dans notre imaginaire, aux délits qu’elle commet une délinquance qui n’est que le stigmate de ses propres crimes. 

De tout temps, les bourgeois ont essayé de nous voler la rue. Parce que eux restent dans l’espace privé de leur maison bourgeoise, de leur grosse voiture, de leurs clubs de sports, de leurs bureaux, ils veulent nous empêcher de traîner dans la rue. Et ils ont raison. Car la rue est dangereuse. Elle est le principal lieu de socialisation des classes populaires, en dehors du travail ou de l’école. En nous poussant à rester chez nous, en mettant des flics en bas de nos rues, l’Etat veut nous empêcher de nous rencontrer, nous séparer en tous petits groupes éclatés. Nous devons nous battre pour la légitimité de la rue, et envoyer des pierres aux flics est une réaction logique. 

 

 (demain : en quoi le sécuritarisme est dangereux pour nous ?)

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Philippe. 16/12/2006 10:15

@Alias: ta violence verbale ne fait rien avancer. Tu t'attaques aux personnes, pas aux idées. Dans ce texte, ce ne sont pas des slogans, il y a faits avancées.

Lorsque tu dis "Une bonne guerre afin de tuer tous ces larves inutiles", tu dis clairement que la guerre est là pour éliminer physiquement des personnes. C'est un appel au meurtre. En France, c'est condamner par la loi. Sauf dans le cadre d'une guerre... Ah, la justification du meurtre et de la barbarie par la guerre...

Tu dis aussi que penser est inutile. Bel asservissement....

Je ne suis pas révolutionnaire, Alias, mais les quelques commentaires que tu as laissé ici ne peuvent que donner raison au/à la billetiste.

@u Sentinelle: Tu ne serais pas un peu NRV? ;-)

alias 15/12/2006 00:02

ça vous passera avant que ça me reprenne bande d'allumée que vous êtes, allez faire votre révolution ailleurs la France est trop bonne pour vous

la sentinelle 14/12/2006 18:13

euh t'es qui quoi? tu te prends pour qui? ou tu t'exprimes mieux et tu développe ou tu dégages !

alias 14/12/2006 15:57

Larves unutiles que voue etres

alias 14/12/2006 15:55

Une bonne guerre afin de tuer tous ces larves inutiles