Courrier envoyé par l'association vivre à la Préfecture

Publié le par le collectif N.R.V

Monsieur le Préfet,

Mercredi 13 décembre 2006, au cours de la première réunion du Comité de Suivi des déchets toxiques
en provenance d’Abidjan voulue par Mme N. Ollin, nous avons appris que le four N°2 , qui doit traiter
ces déchets toxiques, ne parvient toujours pas à respecter les limites en émission de dioxines.
Nous n’avons pas eu d’informations sur les autres types de rejets de cet incinérateur.
Les derniers publiés, datant de 2004, étaient inquiétants (annexe 1).

C’est pourquoi nous avons demandé la création d’une Commission Locale d’Information et de Surveillance et la réunion de cette CLIS avant l’arrivée à Salaise de ces déchets toxiques.

A l’ordre du jour de cette première réunion, nous souhaitons voir abordés ces 3 points :
- Réelle transparence du fonctionnement de l’incinérateur
Examen des résultats des mesures réglementaires des années 2005 et 2006,
et, comme convenu lors de la réunion du 13 décembre, des mesures intermédiaires réalisées par l’exploitant, tous éléments chiffrés parvenus suffisamment avant cette réunion aux membres de la Commission afin qu’ils puissent être examinés.
- Confiance assurée dans la durée par la mise en place d’un organisme de contrôle associatif et indépendant.
- Réponses aux attentes des riverains (90 ans de chimie et 30 ans d’incinération ont impacté le territoire) :
Mise en oeuvre par les pouvoirs publics d’une campagne d’analyses des sols environnants et de certaines productions alimentaires locales pour identifier les zones polluées par les dioxines et les métaux lourds et dresser une cartographie de la dispersion de ces polluants, pour aboutir à une étude de l’impact sanitaire de cette dispersion.

Nous attendons de cette réunion de CLIS des garanties sur la capacité de cet incinérateur à fonctionner réglementairement.
C’est pourquoi jusqu’à cette réunion, les associations locales restent opposées à l’arrivée de ces déchets toxiques en provenance d’Abidjan.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à notre demande et nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à nos sentiments les plus respectueux.


ANNEXE 1

Analyse VIVRE des rejets 2004 Incinérateur TREDI/SECHE de SALAISE (38),
d’après le compte-rendu de la réunion de la CLI du 23 Juin 2005.

1 ) Rejets atmosphériques :

· Dioxyde de soufre :
-Salaise 1 Sud :
Juillet 2004 : 430 kg de dioxyde de soufre au delà de la limite (1,8 tonnes par mois)
Août : dépassement de 117 kg.
Septembre: 5 tonnes de dioxyde de soufre rejetés dans l’air au lieu de 1,8 tonnes.
- Salaise 3 : En mai 2004, dépassement de la limite réglementaire en dioxyde de soufre de plus de 110 kilogrammes le jour d’un contrôle planifié.

· Poussières d’incinération :
En 2004, rejets de plus de 3,5 tonnes de poussières d’incinération.
L’unité Salaise 2 a été au minimum pendant 4 mois au-delà des limites légales (+62% en août,
+ 112% en septembre, +9% en octobre et +24% en décembre).
Contrôle planifié en octobre 2004 sur Salaise 2 : rejets de +36% au-delà du seuil.

· Acide chlorhydrique :
Octobre 2004 : près de 5 fois la norme avec plus de 380 % de dépassement en concentration.
La limite en concentration d’acide chlorhydrique, dioxyde de soufre et poussières toxiques d’incinération fixée par la loi date pourtant de 1991 : 15 ans après, l’incinérateur de Salaise ne parvient toujours pas à maîtriser ses rejets de gaz acides.

· Dioxines :
La norme de 0,1 ng de dioxines par m3 de fumée est applicable à compter du 1er juillet 2000 aux incinérateurs industriels. Le mois suivant , une valeur de 475 fois cette norme a été mesurée et depuis les dépassements ont été nombreux et importants.
Nous ne savons pas pourquoi ce n’est que fin 2005 que l’incinérateur de déchets industriels Tredi/ Seché de Salaise s’est vu imposer cette norme.
Au premier semestre 2004, l’unité de Salaise 2 dépassait de 37 % la concentration limite en dioxines.

2) Rejets d’eaux industrielles dans le Rhône :

Février 2004 :
-Flux métaux lourds de 2, 5 fois la limite autorisée (107 kg par jour au lieu de 43.2 kg autorisé, soit un dépassement de 147 % de la valeur réglementaire).
-Concentration en plomb de plus de 5,5 fois la limite autorisée (dépassement de 460%),
-Les rejets en chrome hexavalent, atteignent par trois fois la valeur limite en février, mai et juillet 2004.
Mars : Cadmium, dépassement de +100%.

Contrôles inopinés :
Juillet : Arsenic :plus de 5 fois la limite (+420 %),
Octobre : Plomb : +26%, Chrome hexavalent : 10 fois la norme (+900%).


Publié dans Environnement

Commenter cet article