Contre Noël 2...

Publié le par Enver Hoxha

Contre Noël 2…

 

Suite à un commentaire sur mon article « Contre Noël… », je me dois d’opérer quelques petites rectifications, ainsi que quelques petits développements.

Concernant la récupération de la fête et de la date de Noël par les chrétiens, c’est exactement ce que je dis. Noël était avant tout une fête païenne. Et elle n’a pas été décidée au VIè siècle mais au IVè siècle.

Quand je parle de la souffrance des enfants, je ne parle pas de la joie qu’ils éprouvent lorsqu’ils obtiennent enfin le cadeau qu’ils attendaient depuis un an, mais de la découverte de l’inexistence du Père Noël. Un beau mensonge reste un mensonge. Les enfants qui viennent de découvrir la vérité diront, en majorité, que ce qui les attriste le plus n’est pas la fausseté du miracle de Noël, mais bien le fait que leur parents leur ait menti ! Le début de la sagesse ?

 

Un seul évangile parle des mages, celui attribué à Matthieu. Il ne dit jamais qu’ils sont rois et encore moins qu’ils sont trois. Leurs prétendus noms, Melchior, Balthazar et Gaspard, ne sont apparus qu’au VIIIè siècle. Un seul évangile, de même, parle d’une quelconque crèche, celui attribué à Luc. Cet évangile parle aussi de messagers célestes (des anges ?) qui accompagnent la naissance du messie. Il est amusant de voir que c’est un évangile apocryphe, c’est-à-dire non reconnu par l’Eglise, celui du Pseudo-Matthieu, qui parle d’animaux (ânes et bœufs) autour de la crèche. Cet étrange évangile dit aussi que les mages vinrent deux ans après la naissance de Jésus ! Le culte et l’adoration de la prétendue crèche nous vient de Saint-François d’Assise et date du… XIIIè siècle.

Enfin, concernant l’(in)existence de Jésus, je n’ai jusqu’alors jamais entendu parler des ces « registres » romains. Seul Justin de Naplouse parle des « Procès-Verbaux » de Ponce Pilate, mais Tertullien de Carthage et Eusèbe de Césarée en affirment la fausseté, ce qui n’aurait pas été dans leur intérêt s’ils eussent été vrais. Le philosophe juif Philon d’Alexandrie, contemporain de Jésus, a rédigé plus de 50 œuvres dont une « Ere de Pilate », il ne parle jamais de Jésus, ni même des chrétiens. Pline l’Ancien, qui vécu en Palestine pendant 5 ans dans les années 60, et qui fit une précieuse description des esséniens, n’en souffle pas mot non plus. Il en est de même pour Sénèque, Plutarque, Juvénal, Pausanias, Juste de Tibériade (auteur d’une « Histoire des Juifs »). Suétone et Pline le jeune parlent des chrétiens, mais il s’agit en fait pour le premier de juifs esséno-zélotes et pour le second d’esséno-chrétiens elchasaïtes. Les passages des Annales de Tacite et des Antiquités Judaïques de Flavius Josèphe parlent du Christ pour l’un et de Jésus, surnommé Christ pour l’autre, ainsi que des chrétiens. Mais les extraits sont controversés, soupçonnés d’être des interpolations opérées par les copistes chrétiens au IVè siècle. Seul témoignages païens dignes de créances, ceux de Celse le Platonicien et Lucien de Samosate… après l’an 150 !

Les seuls témoignages sur Jésus sont donc les évangiles, qui sont aisément réfutables. Ces textes ont été écrits par des gens qui n’ont pas connu Jésus et bien après sa mort. Le noyau du plus ancien évangile (celui de Luc ou de Jean) date d’après 100. Le noyau de l’évangile attribué à Jean est plus ancien mais ne parle pas de Jésus. Les Epîtres attribuées à Paul et l’Apocalypse attribuée à Jean sont plus anciens et datent des années 60-100, mais le Jésus dont ils parlent n’est pas le Jésus évangélique mais le Josué biblique.

On a aussi du mal à nier l’existence de Jésus car l’on a un visage à mettre sur le personnage, ce qui n’est pas le cas pour d’autres divinités. Barbu, moustachu, chevelu, châtain, bronzé, … Il faut savoir que les évangiles ne le décrivent jamais physiquement, et que les premières représentations de Jésus datent du IVè siècle. Il se trouve que les hommes-dieux Horus et Osiris, avant d’avoir des têtes d’animaux, avaient exactement le même faciès que Jésus, deux mille cinq cents ans avant lui !

Pourtant, malgré tout ces faits, Jésus est toujours considéré comme un personnage historique ! Parce que c’est Jésus, le Christ, parce qu’il est un des fondements de la société occidentale… On dispose aujourd’hui des textes sacrés qui relatent la vie humaine de Mithra, d’Horus ou d’Apollon. Pourtant, personne ne doute de leur inexistence historique. Pourquoi serait-ce différent pour Jésus, dont l’existence n’est aucunement avérée historiquement ?

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Laura 26/12/2006 14:43

Te souhaiter un joyeux Noël serait peut-être un peu décalé... nan ?lol

Enver Hoxha 26/12/2006 13:49

Bien sûr que l'histoire n'est pas objective ! L'objectivité, en tant que telle, n'existe pas... En ce qui concerne Jésus, on a là le meilleur exemple de l'hypocrisie des historiens face à deux mille ans de tradition judéo-chrétienne en occident... Et bien sûr les Etats récupèrent cette histoire "officielle" pour abruptir les masses...

lek 26/12/2006 12:28

L'Histoire n'est pas objective, jamais : l'Histoire telle qu'on nous l'apprend forme les représentations du monde d'aujourd'hui c'est un sacré moyen de propagande.