Des nouvelles des déchets d'Abidjan

Publié le par le collectif N.R.V

La Présidence Ivoirienne négocie près de 65 milliards (FRCFA)  avec Trafigura pour étouffer le scandale des déchets toxiques. Il se   passe des choses pas très claires sur le dos des victimes du   scandales des déchets toxiques. Selon le bimensuel confidentiel  ''La lettre du continent '' n°511 du 8 février, le Groupe Trafigura   affréteur du bateau ''Probo Koala'' qui a déversé à Abidjan mi-août   2006 des déchets toxiques a entrepris de trouver un accord à  l'amiable avec les autorités ivoiriennes. Ce à quoi le Présidence   n'a pas trouvé d'inconvénients. Ainsi le 24 janvier dernier à  Ouagadougou (Burkina Faso), poursuit le bimensuel, Désiré Tagro,  Porte-parole du Chef de l'Etat Laurent Gbagbo, a rencontré Eric de  Turckheim, co-fondateur de Trafigura. Ce dernier était d'ailleurs   accompagné de l'avocat français Michel Pitron du cabinet Gide  Loyrette Nouel. ''La lettre du Continent'' révèle que la société   Trafigura négocie en fait un décaissement de 100 millions d'euros  (environs 65 milliards FCFA) pour dédommager l'Etat de Côte  d'Ivoire. Mais il ne s'agit pas que de cela. L'Etat ivoirien  devrait en contrepartie abandonner toutes les poursuites  judiciaires contre la société et libérer notamment Claude Dauphin  et Jean Pierre Valentin, les deux responsables du groupe Trafigura  incarcérés depuis plusieurs mois à Abidjan. L'avocat Michel Pitron  a par la suite séjourné par deux fois à Abidjan où il a rencontré  l'ancien ministre Désiré Tagro. Ce dernier, ajoute le bimensuel, a  même rencontré les associations de victimes des déchets toxiques.  

Nos sources confirment cette information et insistent que le Porte- parole de la Présidence a, à l'occasion, invité les victimes au  calme et les a rassuré qu'elles seront bel et bien dédommagées. En fait, Désiré Tagro a demandé un peu de temps. Ce qu'il a d'ailleurs  obtenu puisque les responsables des organisations de victimes  mettent pour l'instant balle à terre. Tchimou épingle les proches  de GbagboSelon une source proche du dossier, la Présidence  ivoirienne a été presque contrainte de négocier avec le groupe  Trafigura car le rapport du Procureur Raymond Tchimou, chargé de  l'enquête, dont le Chef de l'Etat Laurent Gbagbo a reçu l'unique  copie accable la plupart de ses proches. Néanmoins, la Présidence  souhaite tirer le maximum de Trafigura. Elle a ainsi commencé par  fixer la barre à 150 millions d'euros avant de la baisser à 100  millions. En plus de ce montant, le groupe Trafigura devrait  prendre en charge la révision en cours du Fokker 100 pésidentiel  d'un coût estimatif de 4 milliards de FCFA. L'affaire est quasiment  bouclée. Reste cependant à l'Etat de Côte d'ivoire de convaincre  tous ceux qui se sont déclarés victimes des déchets toxiques de suspendre toutes procédures judiciaires en cours notamment à  l'Etranger. Selon la même source, un groupe de personnes dont Jean- Louis Billon, Président de la Chambre de commerce et de   l'Industrie, qui loue les services d'avocats hollandais a été reçu  mardi au Palais de la Présidence. Il leur a été demandé de mettre  fin à leurs actions. Mais il n'ont pas été convaincu et ont dit   non. Pas de quoi rassurer Trafigura. Plus que l'incarcération de  ces deux responsables à Abidjan d'autres soucis sont en train de  naître pour ce groupe. La Commission de l'Union Européenne a décidé  récemment de proposer des peines et des amendes minimum pour les  délits écologiques à savoir Transport et déchargement illégal de  déchets ou endommagement d'espèces florales protégées. Les  directeurs de sociétés pourraient par exemple être sanctionnés, et  les entreprises obligées de dépolluer ou de réparer les dégâts  lorsqu'il y a négligence. Cette mesure a été justement inspirée à  l'Union Européenne.

Par contre, pour ce qui nous concerne directement (le suivi  environnemental de la zone chimique de Roussillon), les nouvelles  sont moins bonnes, avec notamment un arrêté préfectoral de création  de la CLIS de Tredi qui n'est pas à la hauteur des engagements du  ministère, et la censure sur la situation locale dans le reportage de  France 2 (complément d'enquête) de lundi soir qui font penser qu'il  va sans doute falloir se mobiliser à nouveau. Nous vous tiendrons informés de l'évolution de la situation.

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Guillaume 09/03/2007 09:15

Dans la suite des chroniques inavouables de Séché Environnement et du territoire poubelle de la République bananière.

A la suite de près d'un siècle d'industries chimiques et de pollutions en tout genre qui attribuent à ce territoire le titre de couloir de la chimie (pour ne pas dire couloir de la mort), mais aussi "territoire poubelle", sa vocation est toute trouvée.

La propagande des autorités nationales et locales va bon train à grand coup de slogans médiatiques vantant les mérites de l'idéologie dominante : "pacte de l'environnement", "développement durable".

Le bon peuple ouvrier, paysan, citadin ou rural conditionné à la consommation, tenu par la peur de la perte de l'emploi et du réchauffement de la planète est transformé en "conso-acteur" ou en "éco-citoyen" pour perpétuer le système et LA cause de l'économie libérale, justifier par LA loi du marché.

Les autorités et les acteurs locaux contextualisent le système par les enjeux qui les touchent de l'aménagement du territoire et qui leur rapportent directement, avec des propagandes locales : "Dynamique du territoire", "territoire vitrine", "au service des citoyens", "intérêt général", jusque dans les documents dits "schéma de COHÉRENCE territorial", dans les Plans locaux d'urbanisme, dans le plan Rhône, les PIED, les chartes de l'eau ou de l'air.

La "morale" de cette république bannière, c'est que l'on ne parle pas des excréments et des déchets de ce système, eux-mêmes réinsérer dans le système marchand à force de ne plus pouvoir les évacuer dans les vieux territoires coloniaux africains.

La déjection se gère comme la consommation, à grand coup de propagande : "valorisation des déchets", "développement durable", "préservation de l'environnement", ... pour remplacer ceux de "écologie" ou "pollution".

Si des inquiétudes venaient à s'exprimer, la bureaucratie doit la "traiter".
Si ces inquiétudes venaient à critiquer, voire à s'opposer, les forces publiques veillent à les faire taire, surtout si, en ses temps qui courent, ces inquiétudes venaient à former une opinion publique d'électeurs.

Et si par hasard l'opinion était déjà "sensibilisée" par un malencontreux événement que les médiats, par la force des choses, ont du "couvrir".

Les autorités sont prêtent à mettre un dispositif d'information (qui aurait déjà du exister), avec promesse de fourniture de documents (qui auraient déjà dû être communiqués), prévision de contrôles (qui aurait dû déjà contrôler), et quelques oboles pour prouver à l'opinion qu'elles ont entendu ses inquiétudes et la rassurer que tout va bien se passer.



En ses temps qui courent ou l'opinion est à séduire, un écart de planning n'est pas grand chose.

Les déchets seront traités comme convenu, avec des grandes messes d'information en plus.

Pas de victimes, donc pas de responsables, donc pas de coupables.
Pas de débat public, donc pas de mauvaises questions.
Pas de débat citoyen, donc que des dossiers d'experts.
Pas d'écolos procéduriers donc pas de recours.
Pas vision globale, donc pas de tracabilité des décisions.

Rien n'est remonté de la base, juste un peu de rumeur.

Pas de désordre dans la rue, tout va bien.
La loi du silence domine la loi républicaine.

Les vents de la colère des hommes sont dissipés.

Les vents naturels peuvent diluer et diffuser à nouveau la pollution.

Le système et les acteurs peuvent se remettre en marche.
Le développement du territoire peut continuer, ni vu, ni connu (!).
Les grands plans directeurs d'aménagement aussi, ...
et accueillir les projets courants et à venir.

-le dossier déposé par la CCI de Station de transit et de prétraitement de mâchefers d’incinération (!)
-un centre de traitement des déchets plasturgiques,
-plus tard la délocalisation du port chimique Rambaud de Lyon.
-...

Il faudra bien le SCOT pour imposer de nouveaux pôles dits de développement économique, notamment 350 hectares sur Salaise.

Dernier projet en date, à inaugurer prochainement à Salaise, le 16 Mars (décidément le mois de mars sera fertile). Une station de compostage "exceptionnelle" et "normalisée" sil vous plait, pour "valoriser" nos déchets en les distribuant gratuitement à ce bon peuple paysan, remixer avec des déchets verts, histoire d'épandre discrètement (mais de manière normalisée) les déchets des stations d'épuration de toute la région dans leur champs et engraisser notre nourriture.

De la pure éco technologie innovante pour de l'agriculture durable et biologique.

Ce que l'article ne dit pas, c'est que les déchets des stations d'épuration, ce n'est pas que du caca nettoyé des bactéries. Ce n'est pas comme le bon vieux crottin de cheval fertilisant.
C'est du déchet ultime, du pur concentré de métaux lourds.

Mais bon, si des "inquiétudes" venaient à s'exprimer, on fera un CLIS, des équipements HQE et des éoliennes.

La vocation poubelle du territoire se confirme par les autorités territoriales locales.

Avec le fret ferroviaire "contournement de Lyon" (!), fluvial, avec le COL, Transrhône, pour alimenter tout cela du Nord au Sud et d'Est en Ouest, tout les ingrédients du "développement durable" sont en place pour "détruire définitivement" notre territoire.

Mais je suis un éco citoyen. Je vais trier mes poubelles, mettre du bois dans ma cheminée à la norme écoflamme, acheter une voiture environnementale pour ne pas émettre trop de CO2, et ne pas fumer lors de la prochaine réunion publique pour ma santé et la santé publique et faire mon devoir d'électeur aux trois prochaines échéance de cette république bananière en regardant mon émission préférée "c'est mon choix".


Un habitant du territoire poubelle