Angolagate : Le Fenech rôde

Publié le par le collectif N.R.V

Repris de Backchich.info par Gari John
Ça sent... le roussi pour l’ancien magistrat Georges Fenech car son nom est associé à l’affaire Angolagate dont le renvoi devant une juridiction est imminent

L’affaire de l’Angolagate va revenir sur le devant de la scène. Si si. Le juge Courroye a depuis 18 mois bouclé le dossier qui est sur le point d’être renvoyé par le parquet devant une juridiction.

Pour la petite histoire, l’Angolagate n’est rien de moins qu’une vente d’armes illégales présumées, réalisées entre la France et l’Angola du temps de la joyeuse guerre civile (500 000 morts au bas mot entre 1978 et 2002) qui sévissait dans ce trop méconnu pays.

Grosso modo, une quarantaine de personnes ont été taquinées par le juge, pour autant de mis en examen aux noms si familiers : Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand, Jean-Charles Marchiani dit le préfet « boum-boum », Pierre Falcone, Arkadi Gaydamak...

Moins médiatique, l’ancien magistrat et actuel député UMP du Rhône, Georges Fenech, fait également partie de ces « happy few ». Une juste récompense qui ajoute au CV du magistrat-parlementaire une ligne qui manquait.

Connu pour ses prises de positions musclées en matière de lutte contre la délinquance, auteur de l’inoubliable ouvrage Tolérance zéro (Grasset, 2001), Fenech a aussi été président de l’APM (Association professionnelle des magistrats), syndicat apolitiquement réac’... Sous son auguste tutorat, le syndicat de magistrats a eu quelques démêlés avec la justice. La revue de l’APM s’est laissée aller à la critique des collègues et se distingua par cette triste saillie quant à Albert Lévy, alors substitut du procureur de Toulon : « tant va Lévy au four qu’à la fin il se brûle... » Charmant !

Et l’association est donc rentrée de plein pied dans l’Angolagate... Fenech a en effet accepté à cette douce époque un don « désintéressé » du marchand d’armes Pierre Falcone, principal acteur de la vente d’armes, désireux, malgré ses ennuis judiciaires, de renflouer la trésorerie de l’APM. Quelques 100 000 Francs (15 200 euros).

Une histoire un rien gênante. Et en ces temps électoraux, le bon Georges s’en trouve bien chagriné. Sa réélection se présente aussi mal que sa réintégration dans la magistrature. Dans les deux carrières, un renvoi devant le tribunal la fout mal...

Ainsi vient-il de prendre sa plus belle plume pour alerter le Procureur général de Paris, Laurent Lemesle, sur sa situation. Sur le mode « faites tout pour que je ne sois pas traduit devant une juridiction, sinon je pourrais me mettre à causer. Et notamment d’un procureur que vous connaissez bien ». Lequel, on se perd en conjecture.

La méthode employée, un brin cavalière de la part de l’inoubliable auteur de la Tolérance zéro, n’a pas encore porté ses fruits.

Le procureur général est lui, paraît-il, fort embarrassé.

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