Education

Mardi 18 juillet 2006 2 18 07 2006 13:21

FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education

Grève en septembre dans l’éducation nationale

Le budget 2007 poursuit l’entreprise de dégradation du service public d’éducation. Aux dizaines de milliers de postes supprimés lors des précédentes rentrées s’ajouteront près de 8700 postes (sur les 15 000 suppressions d’emplois de fonctionnaires) qui manqueront pour assurer un service public de qualité. Dans le même temps, dans l’enseignement supérieur et la recherche, les engagements de créations de postes (1500 au lieu de 3000) ne sont pas tenus.

Ce sont les élèves, les jeunes, notamment ceux qui sont le plus en difficulté, tout autant que les personnels qui vont en payer le prix : dégradation des conditions d’enseignement et de travail, réduction de l’offre d’enseignement, précarité accrue...

Le gouvernement avait déjà abandonné toute priorité à l’éducation, il continue aujourd’hui de démolir le service public.

Les fédérations de l’éducation (FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education), réunies le 19 juin, dénoncent les arbitrages budgétaires du gouvernement qui conduiront à réduire considérablement les moyens du service public. Les fédérations dénoncent une politique à courte vue, rétrograde dans ses choix et dangereuse pour l’avenir. Elles appellent les personnels à se mobiliser dans une action commune d’ampleur dès la rentrée 2006. Les mauvais coups ne doivent pas passer. C’est bien l’ensemble de la communauté éducative qui est concernée.
C’est pourquoi elles décident de proposer une rencontre aux fédérations de parents d’élèves, aux syndicats de lycéens et d’étudiants...

Les fédérations appellent d’ores et déjà à des rassemblements unitaires le mercredi 6 septembre et à une grève courant septembre dont la date sera précisée à la rentrée

Par le collectif N.R.V
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 09 2006 12:33

Mais ce tract est kiffant. La vie devrait être un mouvement social, où l'on ne se préoccupe plus de survivre jour après jour, mais où l'on vit, on existe, dans le collectif. Jusqu'à la fin de l'Histoire... Et d'accord pour la démocratie parlementaire.

 

C’est la rentrée.
De nouveau, les aller-retours entre salle de cours et machine à café, entre chaîne d’inscription et bâtiment filtre. Le triste spectacle des individus étudiants traînant leur solitude au gré de ces « déambulations ». Quelques caméras ; quelques vigiles ; une carte Cumul. Tout un monde à détruire.

C’est la rentrée.
Le début d’une nouvelle année ; une de gagnée sur l’inéluctable avenir salarié. Débrouilles diverses, boulots de merde, dossiers de bourses et aide au logement : tout faire pour éviter de plonger dans « la vie active ». Avec ce pressentiment que l’entrée définitive dans « le monde du travail » signerait notre arrêt de mort.

Sérieusement. Qui vit aujourd’hui le travail salarié comme un désir, une envie, un plaisir ? D’accord la nécessité nous y pousse. Mais il n’y a guère que quelques débiles, quelques managers en herbe, passant leur journée sur un vélo’v, entre salons d’esthétique et cours de droit, pour rêver encore à ce masochisme.

Les politiques pleurent : « Le travail a été dévalorisé ». Et pourtant nous le voyons partout, lui qui a gagné chaque parcelle de nos corps, de nos esprits, de notre vie. Quand une cadre ramène chez elle son nouvel ibook pour fignoler un projet. Quand, pour la moindre minute inter-mission de l’intérimaire participe à le réduire à une simple variable d’ajustement de main-d’oeuvre. Quand le créatif cultive son « capital relationnel » entre quelques cours de feng shui. Oui, décidément, le travail a tout colonisé.

Ce monde, qui tend de plus en plus à l’indistinction entre travail et vie quotidienne, qui vise à tout enfermer entre sphère de la production et sphère de la consommation ; ce monde, malgré tous les efforts des managers universitaires pour nous le faire aimer, à coup de contrôle continu, de valorisation de compétences par crédit d’étude, de bureau virtuel ; ce monde, nous n’en voulons plus.
Il semblerait que nous ne soyons pas les seules.

La rentrée universitaire, disions nous, c’est une de ces dernières manières de traîner les pieds ; comme à l’entrée du collège. Une dernière résistance à l’attraction du monde du travail. Une ligne de fuite à saisir. Sur un mode individuel, passif, voire honteux [1], ou éventuellement, miraculeusement, sur un mode collectif, dans la grève, l’occupation, le blocage de cette fichue université.
La fuite, la résistance collective, c’est bien un événement de cet ordre là que nous avons vécu l’année dernière, sous la forme, un peu datée, d’un mouvement social.

On a dit que ce mouvement était une lutte contre la précarité. En somme contre ce qui est déjà quotidiennement vécu, aussi par les étudiantEs. Preuve en est l’éternelle gesticulation des bureaucrates syndicaux pour mobiliser sur les questions du logement, de l’emploi, des bourses, etc.
Cette fois, en 2006, leur sordide mascarade s’est laissée débordée. Deux échelles sont tombées d’un toit, sur quelques policiers. Des facs furent bloquées, des amphis occupés. Bingo.

Dès lors pouvaient suivre la multiplication des occupations, les blocages de route, de gare ou d’aéroport. La diffusion des émeutes dans de nombreux centre-villes. En bref le mouvement social le plus radical - le moins feng shui, pourrait-on dire - depuis 1995.
Mouvement qui, balayant les défaites des années passées, a démontré qu’une lutte n’a de poids qu’accompagnée du blocage de l’économie. Mouvement qui, dans la lignée de novembre, a affirmé que la présence policière méritait une réponse.

Au mois d’avril le CPE était retiré, et l’université débloquée. On trouvait alors bien peu d’étudiantEs, si ce n’est quelques baltringues de l’UNEF, pour crier à la victoire. Mais plutôt un sentiment partagé : celui de s’être fait avoir par un coup d’esbroufe de de Villepin - le CPE retiré, et une loi finalement maintenue. Dans ses derniers jours, le mouvement a eu beau réclamer l’amnistie pour les révoltéEs, de mars et de novembre, voire la démission du gouvernement, il s’est en fait affaissé, vaincu par ses propres faiblesses.
C’est que nous avions tant désappris.

Accepter le soutien des syndicats de travailleurs et des médias, c’était évidemment s’exposer à leurs défections et à leurs bâtardises. Accepter de négocier le blocage avec les étudiants de droite c’était sousestimer leur capacité de mobilisation.
Nous avions oublié que la démocratie participative et le référendum sont des pièges à con.
Nous avons laissé débloquer l’université par un vote. Quels cons.
La décision du blocage ne concernait évidemment que celles et ceux qui luttaient. Et pourtant, nous avons accepté dans nos AGs des anti-grèves, des pro-CPEs, des gens dont l’existence même était opposée à notre lutte. Nous avons laissé faire les éternelles prises de pouvoir des bureaucrates frustrés, les manipulations d’un président tremblotant et de son moderne et pathétique adjoint. Nous n’avons fait que parodier une démocratie parlementaire qui, au quotidien, nous mutile, annihile tout rapport de force et nous éloigne au plus loin de la politique. Comme si la grève n’appartenait pas à ceux et celles qui la font.

On ne refera pas l’histoire. Le mouvement s’est éteint comme par magie. Reste les amitiés tissées durant son cours, un esprit de vengeance vis-à-vis des anti-bloqueurs, et un peu d’auto-organisation.

L’occupation de la fac, jour et nuit, sur plus de deux semaines, aura signifié à la fois une mise en commun et une prise de territoire. Face à cette intensité, la question des revendications, fussent-elles électorales, ne pèse plus grand chose.
Un mouvement a un début et une fin, d’accord, c’est ainsi qu’il est programmé. Cela ne doit pas nous empêcher de désirer à nouveau tout ce qu’il a pu contenir de vivant, et de vouloir le maintenir indéfiniment.

Opposer un monde à celui du capital, cela ne se résume pas à trouver une alternative à chacune de ses composantes. Mais créer une cuisine collective (où n’importe qui mange à prix libre), envahir un amphi pour y projeter des films, remplacer les cours par des discussions, etc., c’est déjà rompre avec l’ordre normal de la vie étudiante. C’est se donner les moyens de s’organiser, de faire émerger des pôles de résistance, d’opposer quelque chose à l’univers hostile de l’université. C’est de là que pourront naître les initiatives qui viseront à le détruire, définitivement.

Le mouvement nous a offert de ces moments où tout devenait possible. Aussi, faire vivre le mouvement, c’est se donner les moyens de retrouver cet état d’exception. Lui être fidèles suppose de rendre la lutte absolument vivable et désirable. Conjurer le retour à la normale passe par le refus de toute séparation entre le vivre et le lutter, celle qui conduit, immanquablement, à se retirer (goûter à nouveaux aux délices télévisuels, bien au chaud dans son appart’ ikéa). Tout cela implique évidemment de prendre au sérieux tout ce qui touche à la mise en commun et à l’organisation matérielle. A commencer par la prise en charge, avec nos moyens et ceux que nous nous approprierons, des questions de l’approvisionnement et du logement.

De même que le mouvement posait les prémices de cette auto-organisation, il traçait des pistes pour ce qui est d’attaquer l’économie, c’est-à-dire commencer par son blocage. Réinvestir la fac c’est aussi dire la justesse de ces pratiques. L’université ne pourra être un lieu d’expérimentation politique que si elle sert, parallèlement, à mener des attaques contre la métropole.

N’importe qui

Par le collectif N.R.V
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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 11 2006 13:44

 
Attention ! Cet entretien est réalisé par l'UNI, le syndicat de droite, qui appuie les conclusions du rapport Hetzel.
 
Notez bien :
- la trahison des gros syndicats.
- Il accepte la démission de l'Etat dans les fincancements des universités. Le budget de celle-ci est volontairement déficiataire. Tout ça pour que...
- ... Le Medef entre dans l'université, y finance ce qui l'intéresse. Et demande des comptes.
- Financements publics en fonction de la rentabilité des formations. Il met en concurrence les universités au niveau administratif, puis aux yeux des étudiants même, les empêchant de choisir leurs études en fonction de leurs goûts.
- Un C.A ouvert aux entreprises locales et consacré à elles.
- Financement par les fondations, qui ne sont pas neutres idéologiquement, et par les anciens éleves (??).
 
Les deux mesures qu'il propose :
- La sélection. Les terminales devront fournir un dossier d'orientation qui sera soumis à un avis. T'es un peu turbulent, t'as moins de 12, pas question d'aller à l'université.
- Réorientation : t'attends pas à ce qu'on te réoriente vers HEC.
- Les modules de professionnalisation où on t'apprend à faire un CV et un entretien d'embauche, comme si t'avais besoin de 25 heures de cours pour le savoir.
 
 - Emploi et université : Allez, tous au boulot à McDo. Il n'est pas souhaitable pour les étudiants de travailler. Nous devrions pouvoir nous consacrer à nos études.
 
 
Lors de l’assemblé générale du 16 novembre qui s’est déroulé à Villejean (Rennes) sur le thème de la précarité ; une plateforme de revendication à été voté puis amendé. Elle s’organise autour de 3 principaux de revendication :
 >Contre la libéralisation de l’université
 >Un réengagement financier de l’Etat dans l’enseignement supérieur pour un meilleur fonctionnement est nécessaire
 >Vivre dans des conditions décentes.
 
J'ajouterais une université populaire et ouverte à tous.

 

APPEL DE RENNES II

Suite au mouvement du printemps, et, alors que nous réaffirmons la nécessité d'une amnistie des acteurs du mouvement social, victimes de la répression, la seule réponse proposée par le gouvernement est le rapport Hetzel, préconisant notamment l'instauration d'une présélection à l'entrée de l'université ainsi qu'une professionnalisation accrue des études (obligation de stages sous rémunérés voire non rémunérés, etc.). De plus, la précarisation de la jeunesse, que nous avons dénoncé pendant le mouvement du printemps, se poursuit et s'accroit : les tarifs du CROUS augmentent, les manques de moyens dans les universités sont toujours présents, etc. Les étudiants de Rennes II réunis en Assemblée Générale le jeudi 16 novembre rappellent donc que seule la création d'un rapport de force pourra permettre l'amélioration du fonctionnement des universités et de la condition sociale des étudiants. Nous, étudiants de Rennes II, appelons l'ensemble des étudiants à se mobiliser au plus vite en réactivant les réseaux militants ayant existés de février à mai dernier. Nos revendications sont les suivantes.

Contre la libéralisation de l'université, nous, nous opposons aux orientations impulsées par le gouvernement et le patronat : Indépendance de la recherche par rapport aux bassins industriels locaux : Abandon des PRES pour une recherche 100% public Opposition aux conclusions du rapport Hetzel Halte à la professionnalisation en fonction des besoins économiques Contre la sélection à l'entré de l'université et à l'intérieur des cursus Maintien de la session de septembre

L'arrêt du processus de libéralisation n'est pas une fin en soi, un réengagement financier de l'Etat dans l'enseignement supérieur pour un meilleur fonctionnement est nécessaire, ainsi nous demandons : Remise en état des locaux Mise en réel application de l'exonération des frais d'inscription pour les 10% d'étudiants concernés, dans l'attente de la gratuité de l'enseignement supérieur Titularisation de tous les vacataires Embauche massive en CDI dans les universités et dans les CROUS Augmentation du nombre de poste aux concours

Cependant, parce que notre vie ne s'arrête pas aux murs de l'université, et pour que nous puissions vivre dans des conditions décentes nous réclamons : Construction massive de logements sociaux Réquisition des logements vides Gratuité des transports Rémunération des stages, au minimum, à hauteur de SMIC Réévaluation des bourses, remise à plat des critères d'attribution dans l'attente d'un salaire sociale carte d'étudiant = carte de séjour

Signé : AG Rennes II

Par lek
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 11 2006 18:24

Après les « émeutes » de novembre 2005, le gouvernement avait répondu à la colère par une loi anti-sociale, cyniquement dite « loi d’Égalité des Chances »... qui avait provoqué une mobilisation historique de la jeunese. Nous avons, le 10 avril 2006, obtenu le retrait de l’article le plus médiatisé de cette loi, le CPE. Mais comme nos dirigeant-e-s avaient bien compris que la contestation ne se bornait pas au seul CPE, Villepin lors de son allocution, avait promis des changements plus profonds pour combattre la précarité et le chômage des jeunes. C’est dans cette optique que fut nommée la commission université-emploi, présidée par Mr Hetzel, recteur de l’Académie de Limoges.

On pouvait s’attendre à ce que, suite à la mobilisation du printemps dernier, le gouvernement brosse les étudiant-e-s dans le sens du poil, au moins d’ici les élections de 2007. Mais non, comme 6 mois plutôt, il répond à la révolte sociale par de nouvelles provocations. Le rapport dit rapport Hetzel vient de paraître et, loin de s’attaquer aux inégalités et à la précarité, il accentue la logique de privatisation de l’enseignement supérieur, la logique de sélection sociale ! Jouant sur plusieurs tableau, ce rapport ramène sur le tapis tout ce que les gouvernements n’avaient pas réussi à faire passer ces dernières années.

 

 

Analyse du rapport Hetzel

Introduction

Tout d’abord une petite présentation du personnage. Mr Hetzel recteur de l’Académie de Limoges est aussi agrégé de sciences de gestion, Docteur en sciences de gestion, Activité d’enseignement Gestion commerciale - marketing, expert auprès d’entreprises, membre de l’Académie des sciences commerciales, membre du jury pour le recrutement d’élèves commissaires de l’armée de terre, de la marine et de l’air.

Ses publications sont : « L’encastrement relationnel et institutionnel comme grille de lecture de la relation entreprise-consommateur », « Le marketing relationnel, PUF, 2004 ».

C’est donc à ce genre de personnage que le gouvernement remet le sort de l’Enseignement Supérieur, ce qui ne laisse présager rien de très révolutionnaire quant aux futures réformes de l’Enseignement.

Mr Hetzel se situe dans la droite ligne des théoritiens libéraux et néo-libéraux les plus durs. Ses références sont d’une part les théories de J.-B. Say, qui présupposent que l’offre crée sa propre demande, lorsqu’il s’agit de traiter les débouchées, et d’autre part le malthusiannisme, qui a inspiré Darwin quant à sa théorie de la sélection naturelle, lorsque qu’il s’agit d’aborder une « orientation active et intelligente » des étudiants, bien qu’il s’en défende.

Le rapport Hetzel choque tout d’abord de par la composition de la Commission du débat national. Sur les 14 membres qui la composent 8 sont issus de le communauté universitaire (Professeurs, Présidents d’université et recteur) et 6 viennent du secteur privé (DRH, Conseiller et autres pontes des multinationales, journaliste aux Echos), bref que du beau monde mais aucun représentant des étudiants ou du personnel des universités à croire que cela ne nous concerne pas. De plus, selon Hetzel et ses sbires, les débats auraient eut lieu « dans un esprit de sérénité », ignorant les condamnations judiciaires d’étudiants à Aix en marge de ce débat, ignorant aussi les étudiants qui se virent refuser l’accès à ce débat à la Sorbonne ainsi que dans d’autres villes.

Il choque ensuite par son contenu reposant sur trois constats : le taux d’échec à l’université, la dégradation de l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur et, le meilleur pour la fin, l’impression que désormais les étudiants, par crainte de la déqualification de leurs diplômes et de la précarité, sont prêts à « saisir toutes les opportunités pour réussir » et qu’on peut donc faire accepter à la jeunesse toutes les réformes.

Pour remédier à ces trois constats, le rapport Hetzel préconise : pour lutter contre l’échec universitaire, une plus grande sélection à l’entrée à l’université ainsi que la mise en place de voies de garage professionnalisées pour les étudiants qui n’auraient pas les « aptitudes » requises ; pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, il propose d’adapter l’offre universitaire, c’est à dire de bazarder les filières sans débouchées ; et enfin, profitant de la lassitude et des craintes des étudiants, il veut vendre les universités au entreprises.

Un alibi : la lutte contre l’echec scolaire

Sous couvert d’une volonté de réduire le taux d’échec scolaire à l’université, le rapport Hetzel préconise un sélection plus stricte des étudiants parmi le « vivier » des lycéens. Cette sélection est proposée hypocritement au nom de l’égalité des chances afin de permettre à chaque étudiant d’optimiser ses aptitudes, présupposées naturelles, dans des filières adaptées à ses capacités. Elle se fera, entre autre, par des entretiens du futur bachelier à l’université où sera établi un contrat type. En cas de refus de l’étudiant de se présenter à l’entretien, l’université pourra lui refuser son inscription en fac. Si le contrat et les objectifs fixés entre l’étudiant et l’université ne sont pas respectés car il n’a pas les « aptitudes » requises, il sera réorienté vers des filières poubelle professionnalisantes, en quelque sorte un « cfa du supérieur ». Autrement dit, certains ont des aptitudes leurs permettant d’accéder aux filières d’excellence (conformément à la politique des PRES - Poles de Recherche et d’Enseignement Supérieur), définies selon les critères du MEDEF, et les autres seront relégués dans des filières pros où ils seront formés selon les besoins de main d’oeuvre des entreprises locales. Ces tentatives d’influer sur le choix de l’élève sont in-acceptable car logiquement le bac est suffisamment un élément discriminant pour départager celles et ceux qui peuvent accéder à l’université. Cette sélection non dissimulée à la fin du 1er semestre se rajoute à la pré-sélection à l’entrée de la fac et est en totale cohérence avec le décret de révision de l’arrêté master qui vise à instaurer une sélection entre la L3 et le M1.

Partant du constat d’un échec scolaire trop important et en affichant l’objectif de 50% de diplômés de l’enseignement supérieur, ce rapport masque et occulte délibérément les causes de ce taux d’échec scolaire. Pour cause, on pourrait aborder la question de la précarité des étudiants poussant la moitié d’entre eux à se salarier afin d’assumer le coût de leurs études malgré un système de bourses pour le moins insuffisant. Le rapport y fait pourtant allusion mais ne propose aucune solution. Autre cause, le manque de moyens matériels et humains dans les université. Pour pallier ce manque le rapport propose, non pas d’augmenter le financement de l’Etat aux universités, mais plutôt d’affaiblir les filières non rentables pour le secteur privé. Ainsi, le rapport Hetzel propose qu’une partie des moyens attribués aux universités résulte d’un calcul annuel « en fonction des résultats obtenus par l’université en matière d’insertion professionelle ».

Enfin, l’échec des étudiants pourrait aussi être expliqué par le fait qu’il ne soit pas ou plus au cœur des préoccupations de l’Enseignement supérieur bien plus occupé à servir les intérêts du patronat. Et ce n’est pas Hetzel qui replacera l’étudiant au centre de l’université. Les préconisations du rapport Hetzel soulèvent plusieurs interrogations. Comment seront financés les entretiens individuels des futurs bacheliers ? Trois solutions sont à craindre. Que ses coûts soient supportés par les universités elles-même, cela signifie qu’elles devront trouver des fonds supplémentaires, autrement dit soit elles augmentent leurs frais d’inscriptions soit elles font appel à des financements privés aux entreprises locales, qui en échanges demanderont certaines contreparties. Ou bien que ces entretiens soient payés directement par les candidats à l’entrée à l’université comme c’est déjà le cas pour certaines écoles (ex à l’IRTS). Ce rapport remet en cause deux principes fondamentaux de l’enseignement public : la pseudo gratuité du service public et l’égalité des chances. Enfin, alors que l’université payante est un des symboles visibles de l’inégalité d’accès à l’enseignement supérieur en fonction du milieu social, chaque établissement est autorisé à exonérer de frais d’inscription, outre les boursiers exonérés de fait, 10% de ses étudiant-e-s. Ainsi, à Rennes 2, ce sont 2 000 étudiant-e-s peu aisés qui pourraient bénéficier de la gratuité chaque année, mais l’an dernier nous atteignons encore difficilement les... 151 étudiant-e-s bénéficiaires !

Un remède : la professionnalisation

Ce rapport dit vouloir combattre le fort chômage des jeunes diplômés, oubliant que même dans les filières de lettres et sciences humaines le taux de chômage est inversement proportionnel au niveau d’étude, oubliant surtout que le gouvernement continue à diminuer de façon drastique le recrutement dans la fonction publique, créant ainsi toujours plus de chômage. Le but affiché est d’ « adapter l’université au marché du travail » (lettre introductive au rapport). Entre autres propositions on trouve la préconisation de Conseils d’Orientation Stratégiques (COS), conseils qui épauleraient les conseils d’administration. Ces conseils seraient en majeure partie composés de personnalités extérieures, non élues, notamment des employeur-e-s. Ce n’est pas une nouveauté puisque les COS étaient déjà intégrés dans la Loi de Modernisation Universitaire (LMU) sur laquelle le gouvernement avait du reculer en 2003, face à la mobilisation des étudiant-e-s et enseignant-e-s. Les COS sont aussi prévus dans la gestion des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieurs (PRES).

Autre proposition choquante, rendre obligatoire les stages dans toutes les formations (p41) et de multiplier le nombre d’étudiant-e-s/apprenti-e-s, les formations en alternance à l’université (p48). Nous avons obtenu la suppression d’un contrat précaire après 2 mois de grève (le CPE) et on nous propose plus de contrats précaires, non payés en dessous de 6 mois (les stages) ou permettant à l’employeur des économies substantielles, ce qui lui permettra... de ne pas embaucher de jeunes diplômé-e-s au prix fort (les apprenti-e-s). La professionnalisation des filières universitaires soulève aussi la question des filières professionnelles déjà existantes (CAP, BEP, Bac Pro), considérées comme peu qualifiées en seront d’autant plus dénigrées et disqualifiées. Avec la volonté de créer un « CFA du supérieur » cela présuppose un CFA de l’inférieur, de seconde zone et ses diplômés risquent sérieusement d’en pâtir et de se voir rencardés au rang des chômeurs.

Enfin le rapport propose de favoriser les filières courtes et professionnalisantes (dans son projet d’établissement, rennes 2 veut doubler le nombre de licences pros, en allant donc dans le meme sens que le rapport hetzel) qui ne permettent pas l’acquisition d’une culture large et de connaissances multiples mais préparent à un seul métier. Que se passe-t-il si on n’est pas reçu au concours préparé (cas de la fonction publique) ou si on est viré de la boite pour laquelle on a été formé. Cela pose aussi le problème de la mobilité des étudiants. Tout d’abord en jouant sur la carte scolaire et en limitant les dérogations (c’est par exemple le cas à Rennes 2 pour la L1 de psycho). Mais surtout une professionnalisation accrue des filières en fonction des besoins économiques locaux contraint le futur salarié à croupir dans la région où il a été formé. Que se passe-t-il si les besoins économiques locaux changent ?

A Rennes 2 dans le Projet d’Etablissement 2008-2011, il est prévu de doubler le nombre de licences pros, mais encore faut-il voir à quoi vont ressembler les filières générales. Des le 2nd semestre (après la sélection préconisée par le rapport Hetzel ?), il faudra choisir un champ professionnel, les options et unités de diversification disparaissent des cursus dans lesquels, outre la langue, ne figurent que des cours visant à intégrer les savoir-faire nécessaire à un métier (unité fondamentale, méthodologie, unité de spécialisation). En réalité, ça fait depuis 2004 que notre université sape tous les dispositifs susceptibles de réduire la sélection sociale ; suppression de la compensation inter-semestrielle en master (tentative de faire de même en licence), suppression du report des notes entre juin et septembre dans certains cas, suppression des 2 mois de révisions avant la session de septembre ... Quant à la sélection entre la L3 et le M1, Rennes 2 s’y est bien préparée dès 2004 en supprimant le passage AJAC entre les 2.

Pour répondre à ces préconisations, les universités seront, et c’est déjà le cas, de plus en plus encouragées à recourir au maximum aux fonds privés (p62) (ce qui pose la question de la privatisation mais aussi de l’inégalité entre les facs sises dans un bassin d’emploi local riche et les autres, entre les filières que le patronat jugera rentable et les autres).

Un objectif : marchandisation de l’education :

Ne soyons pas dupes, l’objectif du rapport Hetzel est bien de pousser à une marchandisation toujours plus grande de l’éducation. Cette volonté de se débarrasser de sa mission d’éducation, ou de tout autre service encore un tant soit peu public, est récurrente dans l’action gouvernementale. Ainsi sacrifiée sur l’autel du libéralisme, l’Université devient un gigantesque marché de concurrence libre et non faussée, où s’échangent des compétences, des débouchés dont les prix se fixent naturellement « comme guidés par une main invisible » comme le voulait Adam Smith, père fondateur de la pensée libérale, argument bien pratique puisque personne ne peut être incriminé car personne n’en est responsable. Un responsable est pourtant identifiable, l’Union Européenne et les contraintes de l’idéologie libérale qu’elle fait peser sur les nations. Ces contraintes prennent les noms de Traité de Maastricht, AGCS, directive Bolkeinstein ou encore de TCE. Toutefois il faut garder en tête que se sont ces même nations qui font l’UE.

En beaucoup de point ce rapport ressemble à des mesures contenues dans les grandes réformes de l’éducation, il est notamment semblable en de nombreux points à la loi Fillon qui amorçait l’orientation des lycéens en fonction des besoins économiques locaux et renforçait la professionnalisation de certaines filières. Le copier-coller de cette réforme à l’enseignement supérieur, montre bien qu’il s’agisse d’une dynamique globale engagée depuis plusieurs années par le gouvernement visant à se décharger du terrible fardeau financier que représente l’enseignement public. Il faut bien être conscients que les préconisations du rapport Hetzel s’inscrivent dans la droite ligne des réformes mises en places, ou non si elles ont put être stopper par un mouvement social d’ampleur, ces dernières années par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, telles que la LOLF, le LMD, la LMU, la loi sur la décentralisation, la loi Fillon, la LOPRI, la LEC et bientôt les PRES, la liste est longue. Toutes ces reformes convergent vers un même objectif, la marchandisation de l’Education livrée en pâture au secteur privé.

Quant à la pseudo autonomie que les université acquièrent de par ces réformes (LMD, LMU, LOLF, LOPRI, PRES) elles ne travaillent que pour un seul but : la mise en concurrence entre les universités à l’échelle national mais surtout européenne. Le rapport Hetzel affiche la volonté de diffuser le « le rayonnement économique et culturel » de la France. Qu’est-ce que la culture économique de la France selon Hetzel ? C’est la copie conforme du modèle anglo-saxon, une économie libérale ou tout passe par le marché même ce qui doit appartenir à tous comme l’éducation, la connaissance. L’éducation n’échappe pas à la règle. La sémantique utilisée dans ce rapport est d’ailleurs assez révélatrice on ne parle plus de « savoir » mais de « compétences », on ne dit plus « discipline » mais « offre de formation », on ne dit plus « connaissance » mais « aptitudes » qui serait naturelle et non pas le résultat de 15 ans passés à l’école, on ne parle plus d’ « avenir » mais de « débouchés ».

Et bien que le gouvernement feigne proprement de se préoccupper des inquiétudes exprimées par la jeunesse lors du mouvement contre la LEC, et a lancé suite à cela un grand débat national, ce n’est, en réalité, que de la poudre aux yeux. Ce genre de consultation n’a pour seul objectif que de nous endormir en donnant l’impression d’un semblant de participation à la vie universitaire et plus largement à la vie politique. Que cela n’en déplaise au Medef, l’université tend à devenir une jungle où il règne en maître et où la sélection malthusienne fait loi, seuls les plus aptes survivront ...

Par le collectif N.R.V
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 12 2006 11:42

DECEMBRE 86:LES LASCARS DU LEP ELECTRONIQUE
C'était il a vingt ans! toute une jeunesse était decendue dans la rue soutenue par les ouvriers, et autres jeunes surnommés alors "zonards" avant de devenir "les "djeunes des banlieues", Malik OUSSEKINE décédait battu à mort par les escadrons motocylistes d'alors, surnommés du doux nom de "voltigeurs" ... Il y eut avant comme après de nombreux blessés, d'inombrables interpelés et emprisonnés... Mais la critique était là, et une fois encore elle a du apprendre à attendre d'autres assauts possibles du Négatif à l'oeuvre dont nus sommes tous, hommes et femmes libres les inconditionels amis!


TOUT CE QU'ON NE CRITIQUE PAS DOIT ETRE CRITIQUE
NOUS CRITIQUONS!
ETUDIANTS, hier nous étions dans la rue avec vous mais autant vous le dire tout de suite, la réforme "2 paquets" on s'en fout!
Pour nous la sélection a dejà joué, l'université nous est fermée, et nos C.A.P, nos B.E.P, nous mènent tout droit à l'usine apès un petit tour à l'ANPE.

Pour nous la critique de la loi "2 baquets" est inutile;
Nous critiquons l'université,
Nous critiquons les étudiants,
Nous critiquons l'école,
Nous critiquons le travail.

L'école nous donne de mauvaises places,
L'université vous donne des places médiocres,
Ensemble critiquons les!

Mais ne nous-dites pas: "il faudra toujours des balayeurs, des ouvriers" ou alors allez-y les gars, ces places-là on vous les abandonne de bon coeur, ne vous génez pas!

ON N'EST PAS PLUS BETES QUE VOUS, ON N'IRA PAS A L'USINE !

Si vous critiquez la loi "2 laquais" qui ne fait qu'empirer une situation mauvaise, vous n'avez rien compris! Du reste votre situation n'est pas de beaucoup meilleure que la nôtre. Une bonne partie d'entre-vous (60%paraît-il) abandonnera ses études avant le DEUG; et ces "mauvais étudiants" auront droit aux mêmes boulots subalteernes et mal payés qui sont notre lot. Et quand aux "bons étudiants" qu'ils sachent que les places moyennes qu'ils auront ( les bonnes c'est pas à l'université qu'on les trouve) ont beaucoup perdue de leur prestige et de leur pouvoir. Aujourd''hui un médecin n'est plus un "MONSIEUR", c'est un employé de la sécu. Et qu'est-ce qu'un professeur, un avovat? Il y en a tant...!

ETUDIANTS, si vous critiquez seulement la loi "2 caquets" et pas l'université, vous vous batterez seuls et la loi passera d'un coups ou par petits bouts,VOUS L'AUREZ DANS L'CUL!
Et, si par hasard elle ne passait pas, alors tout serait comme avant et la moitié d'entre vous se retrouverait dans les bureaux, VOS usines aseptisées.
ETUDIANTS c'est vous qui êtes appelés à gérér cette societé et non plus à la produire.

SI VOUS BOUGEZ, SI NOUS BOUGEONS, TOUT PEUT BOUGER.

Mais si vous voulez seulement jouer les "apprentis Tapie", si vous voulez seulement gérer loyalement cette société et devenir à moindres frais, éducateurs, assistantes sociales, animateurs, inspecteurs du travail, cadres , sociologues, psychologues, journalistes, directeurs du personnel; pour demain nous éduquer, nous assister, nous animer, nous inspecter, nous informer, nous diriger, nous faire bosser...

ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !

mais si vous voulez, pour commencer, critiquer le système scolaire qui nous exclut, et vous abaisse, si vous voulez lutter avec nous, contre la ségrégation sociale, contre la misère, la vôtre et la nôtre, alors...

FRERES, AVEC NOUS, ON VOUS AIME!!!

DES LASCARS DU LEP ELECTRONIQUE. DECEMBRE 1986

Par le collectif N.R.V
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 12 2006 08:43

Un projet de décret réformant le statut des enseignants du second degré est à l’étude. Etonnant ? Non, pas vraiment... Ce projet est le résultat d’une politique de long terme, partie prenante de la gestion néo-libérale des services publics en général en œuvre depuis plusieurs années. Elle passe sans aucun doute par une privatisation progressive de ces pans énormes de capitaux qui échappent à la loi du marché. Il ne s’agit pas d’opposer salariés du public et salariés du privé, qui sont tous usagers de ces services, mais de voir comment sont démolies, sous prétexte de « modernisation » et d’ « économie » des conquêtes sociales âprement gagnées par les salariés eux-mêmes (sécurité sociale, accès à l’éducation, à l’énergie, aux transports etc...) pour tous.

Privatisation

L’Education Nationale n’échappe pas à cette démolition néo-libérale. Elle prend des formes moins spectaculaires dus à sa spécificité de service non-marchand, mais ses effets n’en sont pas moins néfastes sur le Service Public d’Education. Comme c’est le cas pour tous les services publics, ce sont les populations les plus fragilisées qui en sont les victimes immédiates : pour l’EN, les travailleurs précaires côté salariés (précarité érigée en mode de gestion), les familles issus des classes populaires côté usagers (démantèlement des ZEP). Il grand temps de faire un premier état des lieux de la démolition du Service Public d’Education. Le Ministère n’a pas attendu le zèle de certains Conseils Généraux, tel celui du Loiret, qui récemment, par le biais d’un « PPP » (Partenariat Public Privé) a confié la construction d’un collège à un grand groupe de construction qui sera propriétaire des lieux et... confiera le nettoyage à ses propres salariés. Exit les personnels TOSS, donc...

Casse des statut et augmentation du temps de travail :

les ravages à la Vie Scolaire et chez les personnels ATOSS Mais si l’on y regarde de plus près, il ne restait, dans un établissement scolaire du Second Degré, que les personnels enseignants dont le statut n’avait pas été encore remis en cause.

Côté vie scolaire :
Depuis 2003 et la casse des statuts des MI-SE, de nouveaux contrats de droit privé n’ont cessé de voir le jour. Ce sont les CAE1 et autres CA2 dont font partie les EVS3. C’est le règne de la précarité et de l’exploitation à la Vie Scolaire. Souvenons-nous : un MI-SE (un surveillant, quoi...), travaillait 28h payées 32 à plein temps et gagnait 985 euros. Il pouvait cumuler une bourse et un mi-temps, ce qui permettait à nombre d’étudiants de poursuivre des études plus ou moins décemment. Aujourd’hui, un EVS travaille 26 heures (payées 20 heures avec l’annualisation du temps de travail) et est payé 590 euros nets... Sans parler de la pression hiérarchique du fait de son embauche par les chefs d’établissement... ni de l’attaque en règle contre la protection sociale solidaire ; l’Etat n’étant pas tenu de payer les cotisations salariales...

Côte personnel ATOSS
Avec la décentralisation des personnels, notamment des TOSS, c’est la porte ouverte à la privatisation, comme cela a été le cas pour la restauration scolaire désormais largement privatisée. De même, l’annualisation a conduit à une augmentation généralisée du temps de travail.

Ce que prépare le projet de décret modifiant le statut des enseignants. Pour nous, concrètement, voilà ce qui est prévu :

-  Flexibilité accrue : la possibilité d’enseigner dans 1 ou 2 EPLE d’une autre commune, sans limitation géographique pour compléter son service est instaurée
-  Inscription de la bivalence dans le statut des enseignants : si l’enseignant ne peut compléter son service dans une autre commune, il devra, en fonction des besoins de service, assurer un enseignement dans une autre discipline. Ceci s’étend également aux TZR. Cette bivalence sera également incitée par l’instauration d’une prime pour les mentions complémentaires.
-  Augmentation du temps de travail :
suppression des heures de première chaire (pour toutes les classes à bac, y compris les enseignants en STS) suppression des heures de labo et de « vaisselle » pour les enseignants d’histoire-géographie, de SVT, de Sciences Physiques heures en petits groupes (groupes de sciences, de langues vivantes, de classes spécifiques) : maxima de service majoré d’une heure pour 8 heures effectuées devant groupe de moins de 20 élèves.
-  la fonction de professeur principal, inscrite comme une activité supplémentaire disparaît pour faire partie de la définition du service

Ce qui ce cache derrière ces mesures, c’est pour l’Etat, l’économie de 3600 Equivalents de Temps Plein, une précarisation accrue des enseignants et un accroissement des charges de travail... Si ce qui précède est demandé aux personnels statutaires, qu’en sera-t-il des précaires, contractuels et vacataires, qui travaillent déjà à nos côtés sans bénéficier du même salaire... Ne laissons pas ces logiques comptables s’installer définitivement au sein de l’EN !
Pour ce faire n’attendons rien des futures élections. Les candidats favoris veulent l’un comme l’autre attaquer nos conditions de travail. On sait que Ségolène Royal est pour que les enseignants fasse 35h de présence dans les établissements ! Voter utile, c’est voter la grève !

Nous revendiquons :

-  le retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants

-  l’arrêt du recours à la précarité aussi bien parmi les personnels enseignants, que des personnels de vie scolaire et ATOSS

-  La titularisation sans conditions de concours ni de nationalité de tous les personnels précaires, aujourd’hui en poste ou au chômage

-  l’embauche de personnels à auteur des besoins définis par les équipes elles-mêmes

-  le retour du statut de MI-SE

-  une véritable baisse du temps de travail pour les enseignants : 14 heures + 3 heures de concertation.

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons 

(tract de la cnt)

Par le collectif N.R.V
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Dimanche 4 février 2007 7 04 02 2007 12:18

Un lycéen en colère contre la Journée Carrière du samedi 3 février 2007  (lycée de Saint Romain en Gal)



A travers cette journée carrière, c’est le Marché qui s’invite à l’Ecole. Les écoles voient l’étudiant comme une marchandise. Parfois les écoles (privées ou non) incitent fortement leurs étudiants à se rendre à ce type de journée. Les inscriptions rapportent aux écoles et aux universités beaucoup d’argents (des frais illégaux d’inscription sont pratiqués dans les universités). Et notre lycée coopère gentiment aux opérations commerciales de recrutement des écoles et universités.

De plus, ce type de manifestations est une propagande libérale qui vise à nous conformer aux souhaits des patrons. Les présentations de métiers qui nous sont proposées sont le reflet du marché du travail. Nous sommes invités à définir nos études comme « une carrière ». On doit avoir le droit de choisir nos études en fonction de nos intérêts et de nos curiosités, et non pas selon la volonté du patronat. L’Etat vient dans notre école : l’Etat est un employeur comme un autre. Par conséquent il n’a pas le droit de faire du recrutement dans les lycées !

On insistera particulièrement sur l’illégitimité de la présence de la gendarmerie et de la police nationale. La présence des forces de l’ordre dans le cadre d’une journée « carrière » montre la volonté du gouvernement d’encadrer les jeunes – au sein même du lycée ! – dans un contexte sécuritariste. Croyez-vous qu’en s’engageant dans les forces de l’ordre on défend des principes moraux supérieurs ? Non, on défend des lois antipopulaires, décidées sans notre avis, par une caste dirigeante bourgeoise qui n’a d’idéal que d’opprimer le peuple. Etre flic, c’est se soumettre aux directives gouvernementales en matière de répression. Le flic comme le gendarme ont peut-être plus de pouvoir que le simple citoyen, mais en aucun cas ils ne sont plus libres.

Quant aux armées de terre, de l’air et de mer – qui seront également présentes lors de la journée –, s’y engager, c’est soutenir la politique impérialiste et néo-colonialiste de la France en Afrique (et ailleurs). Où était l’armée française lors du génocide rwandais ? Par contre elle est bien présente là où les armes se vendent bien ! Qui met en place et conserve la majorité des dictateurs du continent africain ? Vous croyez que l’armée française à sauvé la Côte d’Ivoire lorsqu’elle est intervenue ? Pourquoi vendre des armes au gouvernement soudanais au lieu d’intervenir directement au Darfour ? S’engager dans l’armée française, c’est vouloir défendre les intérêts de la France au niveau international (quels intérêts ?), mais en réalité, c’est être soumis à la volonté de la bourgeoisie au pouvoir ! L’armée n’intervient qu’aux points stratégiques ou là ou de l’argent est à gagner. S’engager dans l’armée française, ce n’est pas du patriotisme, c’est du nationalisme, et tout nationalisme est de tendance fasciste.

Par Un lycéen en colère contre la Journée Carrière du samedi 3 février 2007
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 03 2007 19:35

COMMUNIQUE DE PRESSE CONCERNANT LE REPORT DU PROCES DES ETUDIANT-E-S DE LYON 2

 

Suite aux évènements survenus depuis un peu plus d’un mois à l’Université Lyon 2, à savoir : 

-         l’intervention de la police contre des étudiant-e-s, à la demande de l’université, et ce pour des raisons de nature politique (suite à un festival contestataire organisé sur le campus).

 

-         l’arrestation arbitraire, deux heures après la fin dudit festival, de trois étudiant-e-s, qui ont passé quarante heures de garde-à-vue et se sont vue accusé-e-s de « dégradations graves en réunion »

 

-         l’apparition dans l’instruction, d’un dossier de fichage donné par l’administration aux autorités policières et judiciaires,

 

                        …une mobilisation a été organisée à l’université, et à laquelle nous, la Fédération Syndicale Etudiante, à très largement participé. Celle-ci a pris la forme de réunions publiques et Assemblées Générales, ainsi que de rassemblements et de blocus devant les différents sièges de l’administration.

 

Le procès aurait dû avoir lieu le 14 mars à la 8ème chambre du nouveau palais de justice. Cependant le procès a été reporté au 8 octobre 2007 à la 12ème chambre, pour que le jugement ait lieu de façon collégiale.

 

Le report du procès du 14 mars au 8 octobre, l’affaire ayant été reconnu par la justice comme « complexe » et ayant des implications « politiques » est pour nous une victoire réelle. Cela signifie pour nous la reconnaissance implicite que l’affaire n’est pas une question de droit commun mais bien un procès politique.

 

La présidence voulait faire en quelque sorte le procès politique du mouvement contre le CPE-CNE-Loi sur l’Egalité des Chances, et de l’occupation de l’université qui s’en est suivi. M. Claude Journès, président de l’Université voulait créer un précédent pour contrer toute mobilisation future, puisqu’il sait très bien que de nouvelles réformes universitaires et d’autres liées au contrat de travail sont programmées, et que le « risque » de mobilisation n’en est que plus grand.

 

La question du dossier, pour nous, est également très grave. Ce dossier, la défense l’a dores et déjà en sa possession puisqu’il fait partie du dossier d’instruction. Il contient des éléments qui datent de bien avant les faits. Il contient des photographies et des « captures vidéo ciblées » prises à l’insu des personnes concernées. Il est de nature politique puisqu’il contient y compris tous les tracts dont l’administration suppose qu’ils ont été réalisés par le groupe de militant-e-s fiché-e-s de la sorte.

 

Le Président de l’Université, ainsi que le Secrétaire Général, ont, alors que les élu-e-s FSE aux Conseils d’Administration et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire leurs demandaient des explications, démenti publiquement son existence. Ils ont donc renié leurs fautes devant leurs collègues du CA et CEVU qui pourtant leur avaient donné leur confiance en les élisant à leurs postes.

 

Une nouvelle intervention de la police, le 6 mars, contre des étudiant-e-s qui occupaient pacifiquement le hall de l’Université, confirme à quelle point la présidence est désemparée et agit de manière tout à fait disproportionnée. Nous annonçons dores et déjà que nous réagirons de façon immédiate et résolue si l’administration cherchait à réprimer les étudiant-e-s mobilisé-e-s sur le mode disciplinaire, comme elle l’a laissé entendre.

 

A l’heure actuelle, et au vu de la nouvelle date du procès, nous ne pouvons que maintenir nos exigences :

 

-         le retrait des plaintes déposées contre des étudiant-e-s

 

-         la destruction du dossier délateur

 

-         la démission de la présidence qui a largement épuisé son capital de crédibilité avec ces évènements

 

Nous informons également que nous travaillons à placer le débat dans une perspective nationale, en rapprochant différents cas de répression similaires dans différentes universités.

En effet, les discussions que nous entretenons avec des militant-e-s syndicaux-ales de différentes villes montrent qu’il existe bel et bien un glissement au niveau national dans la politique des président-e-s d’université. Nous espérons aussi qu’une victoire proche obtenue par nous à Lyon 2 pourrait donner de l’espoir à tou-te-s celles et ceux qui combattent la répression et les réformes antisociales dans d’autres universités françaises.

Par le collectif N.R.V
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Vendredi 27 avril 2007 5 27 04 2007 08:20
Nouvelle attaque contre des
militans de lyon 2 !
L’Université s’en prend Cette fois-ci aux syndicalistes et A Tous Ceux qui dénoncent sa politique :
Trois mois se sont écoulés depuis le scandale qui a éclaté concernant l’arrestation de trois étudiants pour des motifs politiques.
L’université Lyon2 continue sa politique ultra-répressive en direction du militantisme d’opposition.
Cette fois-ci les syndicalistes étudiants sont directement visés par l’administration. La Fédération Syndicale Etudiante, à travers la traduction en conseil de discipline d’un de ses membres, est directement frappée. Mr Samy Dichy (élu au Conseil d’Administration, ancien président de l’USEL-FSE) est en effet accusé de faits insignifiants et d’autres dont il n’est pas l’auteur (ex : diffusions de tracts injurieux,…). Cinq autres militants (n’appartenant pas à la FSE) sont amenés à comparaître dans les mêmes conditions, le mercredi 9 mai 2007 à neuf heures à la salle de conférences (86, rue Pasteur, au 1er étage).
 
 
Quelles sont les causes liées à cette dérive ?
 
Des réformes accélérées et profondes qui affectent aussi bien les milieux professionnel qu’étudiant sont en cours (recodification du code du travail, décrets issus du rapport Hetzel, etc.). La révolte de l’année dernière contre le CPE a montré que les étudiants, associés aux travailleurs et précaires, s’opposaient radicalement à ce projet de société et à la politique anti-sociale menée par le gouvernement. Les universités ont manifestement pris l’initiative d’exclure les éléments contestataires et y compris ceux organisés pour détruire ainsi tout ce qui leur fait obstacle (Exemple : cas de Naïma à l’université Nanterre Paris 10)
 
Nous sommes en période électorale, donc nous pensons qu’en fixant la comparution le 9 mai, l’administration anticipe la survenue dans les prochains jours d’un réel mouvement d’ampleur dans les facs si Nicolas Sarkozy remportait le second tour.
 
Tactiquement, Lyon 2 mise sur le calendrier universitaire et les partiels qui commenceront le 14 mai, en espérant que les étudiants, préparant leur passage en années supérieures, ne se mobiliseront pas.
 
Aussi notre syndicat, entre autres par la voix de Samy Dichy, accuse en effet la présidence, depuis les évènements du mois de février, d’avoir constitué un dossier délateur, prouvant que l’université fiche les militants au moins depuis le début de l’année, ce qu’a formellement confirmé Maître Fréry (avocate de la défense).  A maintes reprises nous avons demandé à l’administration de reconnaître l’existence dudit dossier celle-ci niant en bloc. Nous rappelons qu’effectivement, Maître Fréry a ouvertement déclaré avoir pris connaissance de ce document figurant parmi les pièces produites dans le dossier d’instruction relatif aux trois inculpés de février.
 
Par cette attaque c’est bien la liberté syndicale qui est menacée. Ce qui est recherché, plus exactement, c’est la criminalisation du syndicalisme de lutte faisant front à la politique de l’université et plus largement au démantèlement du service public de l’enseignement supérieur qui implique nécessairement la privatisation des universités (réformes LMD-ECTS, PRES,…)
 
Un front uni anti-répression s’est constitué à l’échelle nationale. Nous, militants de la Fédération Syndicale Etudiante, appelons toutes les organisations défendant les libertés publiques à rallier notre cause.
En ce qui nous concerne, nous condamnons les attaques de Lyon 2 envers la libre protestation politique et donc, la liberté d’expression, la liberté syndicale qui sont toutes de valeur constitutionnelle. Nous revendiquons l’arrêt de toutes poursuites pénales et disciplinaires engagées jusqu’à présent à l’encontre des militants ! Nous sommons la Présidence de prendre immédiatement ses responsabilités et d’en assumer les conséquences politiques. Nous exigeons enfin la destruction définitive du dossier délateur.
 
 
 

La répression à Lyon 2 :

6 étudiant-e-s en conseil de discipline,

menacé-e-s d’exclusion.

« Les agents de sécurité effectueront une enquête au sein de l'université afin de trouver l'auteurde ces faits » (Extrait de la déclaration d'un vigile lors d'une main courante déposée le 10/11/2006, à 11h22, à l'hotel de police de Lyon)

Caméras, grilles, vigiles, flics sur le campus, ça vous parle ? Nul ne peut l'ignorer, le sécuritaire a envahi Lyon 2. Depuis l'arrivée de Claude Journes à la présidence de l'université, la politique répréssive de la fac s'affiche ouvertement : procès pour 3 étudiant-e-s, et maintenant conseil de discipline pour 6 de nos camarades.

Rappelons en effet que, suite au festival « Grille la fac », début Février, 3 étudiants ont été arrêtés sur demande de l’université et doivent comparaître en procès pour dégradations le 8 octobre.

Maintenant, ce sont 6 étudiants, dont les 3 premiers inculpés, qui passent en conseil de discipline. Ce type de sanction contre des étudiants est exceptionnel. La conséquence possible ? Exculsion de l’Université. Pourquoi ces six-là ? Outre les trois premiers, pour qui ce conseil de discipline constitue une seconde aggression de la part de Lyon 2 (une répétition kafkaïenne du procès ?), les trois autres, dont un syndicaliste, ont été désignés arbitrairement, car facilement identifiables. La tactique de l'administration de l'Université est de cibler, individualiser pour nous affaiblir, faire des exemples pour immiscer la peur. Ils ne se seraient jamais permis cela lorsque nous nous retrouvions deux fois par semaine en nombre à Bron pour les repas collectifs ! Il est donc nécessaire de se mobiliser pour ce conseil de disipline afin de freiner cette logique. C'est dans toute la France, à Nanterre, à Rennes (mais aussi ailleurs en Europe comme en Grêce), et pas seulement dans les facs, qu'on assiste à une criminalisation systématique des résistances.

Pour changer, l'accusation repose sur un dossier entièrement constitué par la fac : extraits de PV du dossier judiciaire, « mains courantes internes » des vigiles retraçant heure par heure les activités politiques sur la fac, photos prises par les vigiles, allégations fumeuses ou fausses...

Rien d'étonnant quand on sait qu'à chaque « trouble à l'ordre de l'université », un dévoué représentant de la fac s'est précipité au comissariat le plus proche (au moins 2 dépôts de plainte, et 3 mains courantes). Peut-on concilier libéralisme et autoritarisme ? Entre professionalisation de la fac et repression à outrance, Lyon 2 montre que ça devient la règle.

Face à cette situation, nous appelons profs, personnels et étudiants à prendre parti puisque Journes mène délibérément sa « guerre aux gauchistes ».

Le conseil de discipline contre les 6 étudiants aura lieu le mercredi 9 mai, toute la matinée, sur les quais.Nous appellons donc à un :

Rassemblement le 9 mai dès 8h sur les quais

(Quai Claude Bernard).

Croissants et café seront au rendez-vous...

Par le collectif N.R.V
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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 10 2007 14:41

"Aujourd'hui jeudi 25 octobre 2007 à Rouen une Assemblée Générale a déclaré la grève, l'occupation et le blocage de l'Université. Nous sommes la génération qui s'est battu dans la rue ces dernières années, ces derniers mois. Depuis plusieurs jours, nous avons observé la mobilisation des autres villes. Il nous a semblé que chacun, là où il était, attendait un signal, une étincelle, pour que tout commence. Nous n'avons plus de raison d'attendre. (...)"

Par le collectif N.R.V
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Photos de la mobilisation contre le CPE à Vienne.

Le CURV, le collectif antilibéral viennois.

 

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