Antifascisme, Antisexisme, Anticléricalisme

Dimanche 18 juin 2006

NON A LA LOI SUR L'IMMIGRATION JETABLE !

  

 

 

 

La réforme de la CESEDA est une nouvelle étape dans l'affaiblissement du droit d'asile et du droit au séjour qui depuis 25 ans ont eu pour principal résultat de transformer les réfugiés en sans-papiers. Elle s'inscrit dans les logiques sécuritaires néo-coloniales et de précarisation de tous les travailleurs.

 Elle institue :

 - L'utilitarisme migratoire car, afin de répondre aux besoins de main d’œuvre de l’économie française, le projet de loi prévoit la délivrance de titres de séjour temporaires ultra précaires. Le renouvellement de ces titres de séjour sera conditionné par le renouvellement ou la non rupture du contrat de travail de leur détenteur. Difficile de protester contre l'exploitation quand un licenciement signifie l'expulsion. De plus, cette loi facilitera le pillage des "capacités et talents" des pays étrangers, talents mal reconnus.

 de la possibilité de régularisation après dix ans de présence en France condamne à la clandestinité à perpétuité un grand nombre de personnes sans papiers. Qui plus est, le gouvernement pousse à la délation les structures susceptibles d'être en relation avec des immigrés en situation irrégulière. Selon la Loi sur l'Aide à l'entrée, au séjour et à la circulation d'un étranger en situation irrégulière, ceux qui aident les étrangers risquent 5 ans de prison ferme. La modification de la CESEDA fera vivre les étrangers dans la terreur d'une expulsion et les criminalise plus encore.

 - La mort des droits fondamentaux et du respect du droit de vivre en famille avec la mise en place de conditions donnant droit au regroupement familial quasi-impossibles à remplir : nécessité de disposer d'un vaste logement et d'un revenu conséquent. De plus, le mariage avec un conjoint français ne donnera plus automatiquement le droit à une carte de séjour : il faudra convaincre le maire qu'il ne s'agit pas d'un mariage blanc et être en possession d’un visa long séjour.

- L'obligation de signer un contrat d'accueil et d'intégration pour les nouveaux arrivants souhaitant s'installer durablement, véritable examen de passage destiné à s'assurer de la bonne assimilation des " valeurs républicaines " et de la bonne maîtrise de la langue française. Les étrangers seront soumis à l'administration et n'auront d'autre droit que celui de se taire.

 

 

 Ils formeront une population corvéable et expulsable à merci, renouvelable et muette !

 

 

 

Cette loi met en concurrence les travailleurs français et immigrés et tire vers le bas les conditions de travail pour tous. Après le CPE, le CNE, elle fait partie de la stratégie de précarisation de toute la société française et s'attaque à une population isolée qui le sera encore plus. Les ennemis du travailleur sont l'Etat et l'exploiteur !

Luttons pour l'abrogation des lois racistes et pour l'égalité entre étrangers et français !  

-       Abrogation du CESEDA et des lois racistes !

 -         Régularisation de tous les sans papiers !

 -         Arrêt définitif des expulsions !

 -         Libre circulation des personnes et droit au séjour pour tous !

 

 

 

 

 

 

 

Manifestation à Lyon le 24 juin 2006

  Manifestation nationale le 1er juillet

 

 

Par le collectif N.R.V
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Vendredi 3 novembre 2006

Après de nombreux reports, le procès se déroulera sur deux jours à partir de 9h00, au tribunal rue Servient, à Lyon. Le FN, relayé par les médias fascistes, a appelé à soutenir son n°2, poursuivi pour contestation de crime contre l'humanité.

Sur Rebellyon, un article invite à se rendre aux audiences "en paix". On voit mal comment.

 

Par le collectif N.R.V
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Dimanche 5 novembre 2006

Bon, c'est un pavé que j'avais fais pour la fac, mais c'est néanmoins un sujet super intéressant que le vote FN. Je ne prends pas trop de distance critique vis-à-vis de ce qu'elle dit.

 

Nonna Mayer est une chercheuse du CEVIPOF très reconnue. Elle est cette année présidente de l’association française de science politique. Si Nonna Mayer est une spécialiste de la sociologie électorale et des idées telles que l’antisémitisme et le racisme, elle s’intéresse aussi aux mutations du militantisme associatif.  Dans Ces français qui votent Le Pen, elle s’intéresse à la sociologie électorale du vote frontiste. Elle fait appel à toutes les théories qui ont été faites à ce sujet pour dégager la vérité scientifique du vote Le Pen. Il ne faut pas oublier que le vote est une mobilisation comme une autre. Qu’est ce qui pousse des électeurs à donner leurs voix au Front National ? Dans le contexte sociopolitique de ces dernières années, on ne peut ignorer cette question qui pousse à s’interroger sur certains groupes sociaux invisibles dans la sociologie politique. L’édition utilisée ici est celle de 2002, réactualisée suite aux évènements politiques de la présidentielle.

I. La sociologie des électeurs de Le Pen
 
En introduction, Nonna Mayer essaie de définir la nature du vote Le Pen. C’est à la fois un vote « nouvelle droite » de cols blancs, de cadre et un vote « d’extrême droite ». Mais dans les années 90, suite à un changement de stratégie de la part du leader du Front National, la sociologie électorale du FN change : les ouvriers se mettent à voter pour Jean Marie Le Pen lorsque celui-ci ajoute un volet social à son « programme ». Toutefois, on ne saurait parler de gaucho-lepénisme comme le fait Pierre Birbenaum car les ouvriers ne sont plus de gauche. C’est davantage un vote pour le charisme du candidat, un vote viril comme nous le verrons, un exutoire pour les électeurs ni de gauche ni de droite, et un vote d’assentiment à l’extrême droite. Qui plus est, les électeurs du FN restent attachés à la démocratie.
 
Tout d’abord, Nonna Mayer fait appel à des explications psychologisantes du vote Le Pen. Elle établit deux types de typologies.
En premier lieu, une part de l’électorat est politisée, et, quand on lui demande de se placer sur l’échelle gauche droite, se place à l’extrême droite. Ce sont des gens éduqués, qui possèdent le discours d’extrême droite. Mais une grande part de l’électorat se place au milieu. Le sens de cette réponse ne fait pas des électeurs de Le Pen des centristes, les quels sont politisés. AU contraire, c’est par refus de se placer sur l’échelle gauche droite que l’autre appartient à un vaste  « marais » apolitique. Ils ne se reconnaissent pas dans ces distinctions, ne sont pas politisés, ne s’intéressent pas trop à la politique. Ils ne se sentent proche d’aucun parti : Nonna Mayer les appelle les ninistes. S’ils ne se reconnaissent plus dans la gauche, leur représentations vis à vis du libéralisme économique sont pourtant proche de celle que défend encore la gauche aujourd’hui.
Une autre distinction à faire est celle entre les xénophobes, qui sont plus souvent ninistes, et les racistes. Le racisme est une idéologie politique qui renvoie à des théories pseudo-scientifiques justifiant l’idée de race supérieure génétiquement. La xénophobie est de l’ordre de la peur. Les racistes sont les plus politisés des électeurs de Le Pen, les autres trouvent qu’on est plus chez soit en France, mais n’affirment pas que ce qui les dérange chez les immigrés est de l’ordre de l’héridité. Là où les deux groupes se rejoignent c’est au niveau de l’autoritarisme. Pour chacun d’entre eux, l’école doit être le lieu où l’on apprend la discipline et non pas à développer un esprit critique et la peine de mort doit être rétablie. Elle fait appel à la « personnalité autoritaire » décrite par Ardono.
 
Ensuite, l’auteur fait appel aux déterminations socioculturelles et les représentations de l’individu dans l’espace social. Tout d’abord, elle rappelle quelques variables explicatives. La première est l’éducation. On voit nettement sur les statistiques le vote Le Pen augmenter à mesure que le niveau de diplôme se réduit. La barrière est celle du B.P. En dessous, il atteint 30 %, avec un maximum pour les individus n’ayant aucun diplôme. L’Ecole joue un rôle en permettant largement, par sa mixité sociale, de remédier à la xénophobie. Ce rôle est d’autant plus évident dans la socialisation des jeunes vivant dans des villages car les lycées sont toujours plus ou moins en ville. Mais les études supérieures seules permettent d’être confronté au vrai cosmopolitisme. Qui plus est, les représentations du monde inculquées par l’Ecole sont universalistes et elle cherche à apprendre à vivre ensemble par le biais de la tolérance. Les outils intellectuels qu’elle apportent permettent de nuancer les jugements des individus par rapport au monde social. Selon Nonna Mayer, l’école permettrait aux individus de ne plus penser que les politiciens sont « tous pourris », par exemple, mais que « la corruption est une réalité, certes », de ne plus voir le monde en noir et blanc.
D’autre part, le vote Le Pen est quasiment un vote de classe. Attention, la classe ouvrière n’est plus une « classe en soit ». Elle a connu des fragmentations qui l’ont fait exploser. Aujourd’hui, elle s’est mêlée à la catégorie des employés, le travail intérimaire a rompu les liens de sociabilité ouvriers, les bastions industriels communistes ne sont plus et beaucoup d’ouvriers travaillent pour le tertiaire. Néanmoins, le vote Le Pen apparaît majoritairement comme un vote ouvrier. A partir de la fin des années 80, le leader du FN a développé une réthorique populiste qui a connu un grand succès. Aujourd’hui, plus les attaches ouvrières sont importantes dans l’entourage des électeurs, plus la propension à voter Le Pen est importante. Les ouvriers sont passés par une longue période d’abstention et de nouveaux électeurs sont arrivés sur le marché électoral : ils ne se sentent plus de gauche. Le vote Le Pen est le dernier sursaut avant l’abstention. Au-delà d’un positionnement sur l’axe gauche droite, ce qui motive le vote Le Pen, c’est une représentation de la position sociale, vue comme faible et allant en se dégradant. Etrange résultat de la frustration relative : le vote Le Pen. C’est en cela que Nonna Mayer préfère parler d’ouvriero-lepenisme, par opposition au gaucho-lepénisme de Pierre Birbenaum.
En outre, les électeurs du Front National se sentent « seuls au monde », anomisés. Ils n’ont pas confiance dans les institutions, ni dans les élus, ni dans les partis, bien qu’ils soient attachés au système démocratique dans leur majorité. En outre, ce sont ceux qui sentent le moins d’intérêt en commun avec leurs classe d’âge, les habitants de leur région. Il n’est pas étonnant que les jeunes et certaines personnes âgées soient plus sensibles au propos de Le Pen.
Enfin, les femmes résistent mieux que les hommes au vote Le Pen, qui apparaît comme le restaurateur d’une virilité en danger. Elles sont moins sensibles à la figure charismatique que représente Le Pen, plus souvent catholiques. Elles sont surtout rebutées par le caractère sexiste des propos de Le Pen. Toutefois, le vote Le Pen, chez les électrices ayant beaucoup d’attaches ouvrières est assez élevé.
 
Par LEKLON
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Lundi 6 novembre 2006
Il nous reste à nous "intéresser" aux "idées" de Jean Marie. Avec la fin de la crise de la seconde guerre mondiale, la réduction de la vulnérabilité personnelle permet aux individus de pouvoir se concentrer sur leurs envies et leur épanouissement. Ronald Inglehart nomme ce phénomène "post-matérialisme." On assiste à une poussée d'individualisme, un recul du sentiment de classe et l'émancipation des solidarités traditionnelles.
Ce mouvement inclut, en retour, un mouvement contraire, traditionaliste, mettant en avant, l'honneur, la famille, la religion etc… S'y greffe le libéralisme intégral, refusant le rôle de contrôle de l'Etat, exigeant le retour à la loi du marché. Courant que Pierre-André Taguieff nomma le national-libéralisme . Ainsi s'oppose la "nouvelle gauche" interventionniste et libertaire, et la "nouvelle droite", libérale et autoritaire. Dans quelle mesure cette remise en question profite-elle au FN? Ce qui est nommé par "l'esprit de Mai" évoque l'évolution post-68 et exprime le changement des mentalités envers par exemple l'homosexualité, l'Islam, l'école…etc. Un des exemples est ce que l'on nomme les "3 P", la haine du Père, de la Patrie et du Patron. Mais l'ampleur n'est pas aussi importante qu'elle y paraît. Elle perds par ailleurs peu à peu son élan. Le FN y trouve là des opportunité de grappiller quelques adeptes parmi les déçus.
Le désenchantement politique qui apparaît, montre la déception subie par le peuple, qui perd confiance en les acteurs du politique. Sentiment qui s'illustre par l'impression que les politiques ne s'occupent pas des "gens comme nous" et sont corrompus.
Le tournant du néo-libéralisme et l'arrivée des socialistes en 1997 au pouvoir crée une décontraction de ceux ci vis à vis de la concurrence économique, mais en contre coup, convainc diverses personnalités de droite à la nécessité d'avantages sociaux. L'acceptation des reformes Jospin le démontre amplement. L'acceptation de l'affirmation du pouvoir de l'Union Européenne montre aussi le désenclavement de la France, acceptant l'Euro en place de la monnaie nationale. Le sentiment d'appartenance à l'Europe plutôt qu'à la France augmentant, il se passe une réduction de l'identité nationale. Qu'elle en est la position du FN? Le clivage idéologique se réduit au fil des années car les partis de droite classique récupèrent les idéaux "post-matérialistes" Un double espace ce crée, rempli par les conservateurs et les ouvriers, n'étant pas "post-matérialistes", il ne peuvent se retrouver que dans le FN, malgré les tentative de la droite traditionnelle de les récupérer.
Les idées que représente le FN poussent à voter pour lui. Ce n'est pas le chômage qui est l'enjeu le plus spécifiquement souligné par les électeurs du FN mais l'immigration et la sécurité. L'éclatement du clivage gauche/droite, facilité par les prises de positions similaires des partis du centre qu'ils soient de gauche ou de droite et des l'extrêmes sur les questions de l'Europe. Les grandes raisons du vote Le Pen se trouvent principalement dans le refus de l'immigration la volonté d'une identité nationale. Cependant elles sont limités par l'aura et les sentiments que dégagent le parti et son leader.
 
Car la personnalité de Le Pen parvient à mobiliser. L’analyse de Nonna Mayer évoque ici les théories de Tarbe ou Lebon sur les leaders, d’autant plus que l’électorat du FN est populaire. Une aura qui divise ou qui uni se dégage de ce personnage, maintes fois critiqué. Son délégué général Bruno Megret, le considérera plus comme un handicap. En effet, en usant d'un thermomètre de sympathie (0° antipathie, 100°sympathie franche) J.M. Le Pen obtient une note de 24°. Même ses électeurs lui donnent 66° contre 80°en moyenne pour les autres électeurs envers leurs candidats. Il reçoit des voix sans en être la motivation principale. Mais il est indéniable que sa spécialisation sur certains problèmes ainsi que son art de la répartie jouent en sa faveur. Même si ses apparitions ne semblent pas séduire, il laisse toujours une marque de son passage dans l'esprit. Cependant l'ascension de Brunon Megret pose un problème. Radicalement opposé à J.M. Le Pen d'un point de vue mental, non politique, il souhaite changer la donne du parti. L'éclatement de celui ci divise t'il les électeurs? Il s'avère que les deux hommes ont des électeurs différents. Megret réunit les cols blancs par sa modération, l'autre joue la carte habituelle du populisme, jouant de sa stature et de son charisme. De plus il use de cette légitimité que lui offre son charisme et son "prestige" sur les foules, ainsi que de son autre légitimité, celle d'être un baroudeur des premières heures du nationalisme.
 
Au niveau plus organisationnel, tandis qu’on assiste à un éloignement des structures partisanes des masses, la survivance du FN pose de grandes questions. A t'il réussi à fidéliser ses électeurs? Pourtant, lorsque l'on étudie la liste des partis "pour lequel on ne voterais jamais" selon un sondage, on le trouve en première place. La baisse de l'attachement aux partis nous donne un élément de réponse. Influencés par les idées lepenistes, et ne se sentant plus liés à des partis traditionnels, les "sans partis" offrent ponctuellement leurs voix au FN. Peu à peu émerge une "marque FN" avec tout ses symboles. Ce parti devient peu à peu un point de repère qui frappe les esprits et un des partis les plus cités spontanément. Mais là où le FN gagne réellement, c'est par le fait qu'au contraire des autres partis, ce n'est pas par proximité partisane que l'on vote pour lui, mais plus par l'effet Le Pen. C’est un vote protestataire en grande partie.
 
Par Leklon
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Mardi 7 novembre 2006
Ensuite, Nonna Mayer se penche sur les modèles explicatifs du vote. Peut-on mettre en équation le vote FN ? En 84, Hervé Le Bras met en relation mathématique le nombre d’immigré et le vote FN. Il va s’en dire que cette explication est insuffisante. Nonna Mayer reprend donc l’entonnoir de causalité d’Angus Campbell, qu’elle met en relation avec l’habitus politique. Elle préfère utiliser les analyses de régressions, assez opaques, mettant en relation un nombre de variables au vote Le Pen. Au cours des élections, elles ont augmentées mais trois jouent un rôle majeur : le lien partisan, la personnalité autoritaire et le sexe. Le diplôme lui aussi est déterminant. Le rejet des élites joue un rôle majeur, considérant l'éloignement vécu des élites et la consécration de la domination de la caste politique sur l'Europe et la France. L'ouvriéro-lepenisme joue sur par le vide laissé dans l'échiquier politique par l'effondrement du PC. Après une longue période de disparition des urnes, le vote ouvrier se retrouve dans celui du FN. A part pour les vieux ouvriers, toujours acquis à la cause marxiste. Le fait que le FN reçoive des voix en provenance de droite mais aussi de gauche montre son influence. A droite, le sexe agit comme facteur déterminant. Sur la gauche, il s'agit plutôt du niveau social, les défavorisés jouent la carte du FN, quel que soit leur positions politiques.
Il existe un clivage entre deux électorat . Le premier est social entre un vote FN de cadre ou de personne ayant du patrimoine et d’autre étant dans une situation de précarité. Le second politique et idéologique, entre des individus n’ayant pas un intérêt pour la politique, se plaçant au centre de l’échelle gauche-droite, pas spécialement libéraux économiquement, et d’autres d’extrême droite, libéraux, s’intéressant à la politique. Ces clivages se retrouvent entre mégrétistes et lepénistes, les premiers étant « nouvelle droite » et les seconds votant davantage pour un leader populaire. 
 
La géographie française nous montre des régions plus sensibles que d'autres. Une ligne Le Havre, Valence, Perpignan, nous montre deux France distincte, avec un Est plus sensible au FN que l'Ouest. Le poids du contexte politique local joue aussi : il est plus facile socialement dans des endroits où est déjà implanté le FN de voter pour ce parti. On a beaucoup comparé les cartes comparant la présence d’immigré et celle du vote FN. Mais les lieux où il y a le plus d’immigrés sont ceux où les individus sont le plus anomisés. C’est plutôt leur absence qui pousse à la xénophobie.
 
Nonna Mayer élargit ensuite son étude au niveau européen. L'émergence de partis d'extrême droite en Europe montre que le cas Français n'est pas isolé, cependant la comparaison s'impose. L'évolution des partis nationaliste en Europe est à la hausse, à part en Allemagne, où les souvenirs du NSDAP semblent trop vivaces. Pour leurs électeurs, cependant, il semble que ces partis ne soient "pas trop à droite" voire même assez modérés. D'après Nonna Mayer, la similitude entre les électeurs français et ceux des autres pays est totale. Leur succès leur vient, outre la conjoncture, d'un travail très élaboré sur leur image, brisant le stéréotype du nationaliste des années 30, malgré des rappel incessant du nationalisme durant la seconde guerre mondiale, d'où les dérapages de Le Pen par exemple. Se maintenant dans une politique de participation hostile, les partis nationalistes exploitent les failles de leurs opposants, bien que ne rechignant pas sur des alliances avec la droite traditionnelle pour gagner des places. Cependant, elle est toujours considérée comme étrangère aux échiquiers politiques habituels en Europe.
 
 Nonna Mayer prévoit un coup d’arrêt en 2001 à la montée du FN à cause de son incapacité à conserver l’appui de bases distendues suite à l’éclatement du parti.. Les femmes restent plus attirées par l’extrême gauche. L’électorat frontiste s’abstient en majorité aux européennes de 1999 mais Le Pen parvient à garder l’avantage. Par contre, lors des municipales et des cantonales suivantes, qui demandent un enracinement local, Mégret prend de l’importance. Elle se trompait durement et doit faire un retour en 2002 sur les évènements : voilà le passage de son livre qui nous intéresse de manière cruciale.
On observe une polarisation de l’électorat d’extrême droite qui vote majoritairement pour son camp. Les électorats du FN se rejoignent concernant la xénophobie et la personnalité autoritaire. Les femmes résistent pourtant néanmoins, sauf les plus précarisées, qui la encore sont le soutien majoritaire de Le Pen. Mais il mobilise d’autres groupes sociaux : les campagnes sont touchées et les seniors aussi : le FN a élargi son électorat.
Le FN conduit son discours à gauche et à droite. Chirac place l’insécurité comme thème principal de sa campagne et les médias surexposent médiatiquement les problèmes d’insécurité. Pourtant, ce n’est pas le problème le plus important pour les électeurs du FN. Il s’agit plutôt d’une insécurité économique et sociale. Les réalisations postmatérialistes, les 35 heures, la crise de la vache folle concourent à mécontenter les électeurs. De plus, les sortants sont usés par l’exercice du pouvoir et les électeurs différencient peu leurs points de vue. Les électeurs ne sont guère mobilisés pour les élections et la déconfiture de ses adversaires profite à Le Pen, d’autant plus qu’il se présente comme une figure de martyre.
Malgré le ralliement de quelques autres électeurs, la dynamique espérée n’a pas eue lieu. La gauche est descendue dans la rue. Les mobilisations anti-Le Pen existait déjà grâce à des réseaux comme scalp et de députés. Mais en 2002 la mobilisation est sans précédent. Une personne sur cinq a participé aux mobilisations. Nonna Mayer remarque elle aussi la dichotomie entre les individus de gauche ou de droite et donne des chiffres. Parmi les électeurs ayant voté à gauche au premier tour, la sympathie s’élève à 71 %, alors que chez les électeurs de la droite classique, elle se limite à 46 %. Nonna Mayer invoque le réflexe « anti-fasciste ».
On se mobilise contre Le Pen pour la démocratie. Les manifestants appellent à voter Chirac et essaient de mobiliser les abstentionnistes. L’abstention recule de 6 points au second tour. Chez les électeurs d’Arlette Laguiller, Chirac fait tout de même 69%. Le score de Le Pen dégonfle.
Qui plus est, Le Pen apparaît comme un pôle répulsif. Malgré ses efforts pour gagner en respectabilité politique, il reste ostracisé. Il n’apparaît pas comme ayant ni les capacités ni l’envergure d’un chef d’état, même pour son propre camp. Qui plus est, le vote Le Pen a surtout une dimension protestataire, même si les individus qui votent pour lui disent être d’accord avec ses idées. Quant à la « lepénisation des esprits », elle apparaît tout de même limitée car à contre-courant de l’évolution de la société française.
Quant aux législatives, « dernier acte du psychodrame », elles sont marquées par le reflux du FN pour plusieurs causes : la lassitude de son électorat, le rejet de la cohabitation, et la limite de l’effet charismatique dans ces élections.
Néanmoins, Nonna Mayer ne réitère pas son erreur et préfère évoquer les atouts de Le Pen pour 2004 : la vague populiste, sa fille, et l’effacement de Bruno Mégret. Toutefois, il est ostracisé parmi l’extrême droite européenne. Pour le « néopopulisme européen, Le Pen fait figure de repoussoir ». Le FN n’a en effet pas connu de bons scores depuis 2002, mais arrive l’horizon 2007.
(suite et fin).
Par Leklon
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Mercredi 8 novembre 2006
 
Après tout, on pourrait se demander quel est l’intérêt de ce livre. Je dois avouer qu’au cours de mes années de licence, j’ai constamment travaillé sur le vote Le Pen car je trouve qu’on omet souvent les individus n’ayant pas le bac dans la sociologie politique. Il existe trois raisons pour lesquelles ce livre doit être mobilisé.
 
En premier lieu, si l’on considère le contexte, en 2002, la figure de Jean Marie Le Pen apparaît comme le principal axe de clivage. La réaction affective aux résultats du premier tour clive forcément la France entre ceux qui se sentent honteux et ceux qui sont ravis. Nous avons observé entre les deux tours des scènes de joie dans un bastion de l’extrême droite rurale. En effet, si la jeunesse de gauche va manifester, les conversations sur ce sujet ont lieu dans tous les milieux. Le vote Le Pen ou non apparaît donc néanmoins comme axe divisant la France.
Etudier le vote Le Pen permet donc d’étudier l’autre versant sociopolitique de la société française. Se demander sur quelle part de la population la mobilisation n’a pas marché permet de mieux saisir la sociologie globale et les motivations de l’ensemble de la population. En effet, certains ont continué à voter Le Pen malgré les mobilisations. Il faut ajouter que certains se sont abstenus au deuxième tour et ceux-ci font partie soit de son électorat potentiel niniste, soit bien sûr de l’extrême-gauche.
Les typologies qu’on peut tirer de ce livre vont nous permettre de mieux comprendre le manque mobilisation des classes populaires.
Tout d’abord, les électeurs de Le Pen et les gens qui ne se sont pas mobilisés sont souvent moins diplômés. Les études préparent à la discussion, ancrent davantage le civisme. Les années d’études sont aussi souvent des années d’apprentissage de la mobilisation manifestives. Chez les électeurs de Jean Marie Le Pen, la combativité sociale est moindre : la grève est délégitimée et les mobilisations apparaissent comme inutiles.
Ensuite, peut-être la mobilisation est elle aussi en rapport avec la densité de population. Les espaces ruraux et périurbains ont aussi leurs lieux de socialisation politique, dans les bars, par exemple. Il est néanmoins vrai que les personnes qui vivent en centre-ville ont des facilités à aller manifester. La présence de lignes de communication est importante. Mais on passe très vite d’endroits reliés à la ville à des endroits totalement fermés où la mobilisation et les discussions risquent de tourner en rond. Il ne faut pas oublier qu’en 2002, le vote Le Pen a gagné les campagnes, dont les habitants se sentent agressés par leur rurbanisation et ne sont plus fidèles au vote gaulliste. Qui plus est, dans les espaces ruraux, les phénomènes de xénophobie sont d’autant plus renforcés par l’absence de présence étrangère et un niveau d’étude plus faible.
 
En outre, l’électeur de Le Pen est soit faiblement politisé, soit de droite. Dans le cas où il n’est pas politisé, l’individu suit moins les informations et s’est moins intéressé aux résultats de l’élection. Il est donc normal qu’il n’est guère été touché par les mobilisations et que peu d’électeurs de Le Pen se soient repentis. Les électeurs se représentant le système politique comme marchant mal ont plus de difficulté à se mobiliser. Le niniste les voit probablement comme une victoire de son refus du jeu politique actuel. On peut se demander quelles ont été les répercussions sur leur sentiments vis à vis du jeu politique en tant que tels des mobilisations. Quant à l’électeur ayant des représentations de droite, nous avons vu dans l’exposé qu’il ne voyait pas la rue comme terrain de mobilisation légitime. Mais les individus « de droite » se sont mobilisés sous d’autre formes que la manifestation. Quant aux extrémistes de droite, ils se sont mobilisés le 1er Mai.
 
Pour résumer sous forme d’idéal type, nous avons deux types d’individus qui s’opposent. L’individu qui se mobilise dans tous les types est une femme, jeune, politisée, de gauche, urbaine et socialement insérée. L’individu qui ne se mobilise pas et/ou vote Le Pen est un homme, très jeune ou âgé, rural ou périurbain, peu politisé, se représentant le système politique comme marchant mal, ou de droite et voyant sa situation personnelle comme difficile. Non mobilisation et vote Le Pen peuvent peut-être apparaître comme liés. Le livre de Nonna Mayer ne met pas en avant le clivage droite-gauche pour expliquer les représentations des électeurs. Ce sont pour elles les variables sociologiques lourdes qui déterminent la capacité à se mobiliser ou non, l’abstentionnisme et le vote Le Pen.
 
 

Le livre de Nonna Mayer est utile pour comprendre les déterminants sociaux de la mobilisation ou de l’incapacité à se mobiliser. Le vote est une mobilisation parmi d’autres, qui n’est souvent que pour les électeurs du Front National un dernier sursaut protestataire avant la non-mobilisation totale. L’électeur de Le Pen apparaît comme le portrait en négatif de la France qui s'est mobilisée entre les deux tours des présidentielles de 2002 et nous ne pouvons ignorer cette part de la population : c'est aussi à elle qu'il faut rendre espoir dans la mobilisation collective et elle qu'il faut éloigner de la confortable xénophobie. 

 
Par Leklon
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Vendredi 10 novembre 2006

Le 18 novembre 2006, pour fêter ses 20 ans, SOS Tout-petits organise une journée nationale de prière contre l’avortement.


A Lyon, le rassemblement se déroulera devant l’hôtel Dieu à 13 h 30.
Face à ces intégristes, rassemblons nous au même endroit pour réaffirmer que l’IVG est un droit fondamental !


POUR LE DROIT A L’AVORTEMENT, A LA CONTRACEPTION, LA BATAILLE CONTINUE !


Alors que l’Interruption Volontaire de Grossesse est légale en France depuis 1975, le lobby « pro-vie » soutenu par les extrêmes droites et le Vatican est présent dans de nombreux pays. En France, de nombreuses associations formant la nébuleuse anti-IVG, SOS tout petit est la plus active. Depuis plusieurs années déjà, cette association organise des réunions de prière partout en France, devant les hôpitaux pratiquant l’ivg pour protester contre le droit a l’avortement.

Le 18 novembre 2006 pour fêter ses 20ans, SOS Tout-petits organise une journée nationale de prière contre l’avortement. A Lyon, le rassemblement se déroulera devant l’hôtel Dieu.
Face à ces intégristes, nous devons réaffirmer que l’IVG est un droit fondamental. Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même. C’est donc à elle seule que doit revenir la décision de poursuivre ou d’interrompre sa grossesse.

Actuellement dans le monde une femme meurt toutes les 6 minutes suite à un avortement clandestin alors que l’IVG est une intervention bénigne.

En France, la lutte n’est pas achevée même si l’avortement est légalisé. En effet, des attaques visent encore et toujours à le remettre en cause (tentative d’amendement Garreau). De plus les limites matérielles actuelles (principalement en termes de place dans les hôpitaux et du manque de formation des médecins) freinent l’application effective de ce droit.

En ce qui concerne la contraception, bien qu’il existe beaucoup de moyens contraceptifs différents, très peu sont remboursés ; il n’y a donc pas de réel choix et de réelle gratuité.

RASSEMBLEMENT : SAMEDI 18 NOVEMBRE à 13 h 30 DEVANT L’HÔTEL DIEU quai Jules Courmont (Rhône)

Organisations signataires : CGA 69, CNT 69, Femmes en Actes, LCR, LDH, Radio Canut, Ras l’front 69, Regards de Femmes, SCALP 69, SOS Racisme...

Par le collectif N.R.V
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Samedi 18 novembre 2006

Tout d'abord sur l'action contre SOS tout petits, nous sommes arrivés avant eux pour les empécher de faire leur anniversaire et leurs "prières", notre troupe composée de quelques centaines de personnes de tout horizon (essentiellement libertaire mais pas exclusivement), a pris place devant Hôtel Dieu avant l'arrivée des anti-IVG. Un peu plus tard, entouré des flics quelques dizaines de ces cathos/fachos ont commancé a apparaitre timidement, et ont du se rassembler plus loin toujours encadrés par la police. Le face à face a duré quelques heures pendant lesquels slogans antifachos et quelques projectiles ont fusés, 1 personne a même été interpellé et relaché un peu plus tard. Pendant ce temps la plupart des notres sont partis aller rejoindre la manifestation contre les lois sarkozy sur la prévention de la délinquance vers l'hotel de ville où ils étaient plus d'un millier à manifester joyeusement. Pendant ce temps, le face à face devant hotel dieu a viré à des affrontements vers les cordeliers lors de la dispersion .

Le bilan de cette journée est positif, ayant montré aux fachos que nous serons toujours présents contre eux et au gouvernement que le peuple est toujours survolté face à ses lois fascisantes.

Sur Rebellyon

Sur Synapse

Sur Vigilance Laïque

Par La sentinelle
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Samedi 25 novembre 2006

pour information, c'est à l'appel du planning familial et quelques autres.


à 14 h 30, place Bellecour

*Rassemblement, performance théâtrale, bus info, pour réclamer, comme en
Espagne, une loi-cadre contre les violences à caractère sexiste.*

HALTE AUX VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

En France en 2007

· 8 femmes par mois meurent de violences conjugales · 48000 femmes sont
violées par an · 1 femme sur 10 est victime de violences conjugales ·
13% des femmes subissent des agressions verbales dans l’espace public et
9% au travail · 11% des femmes ont été victimes d’agressions sexuelles
au cours de leur vie

POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI ?

Parce qu’elles sont des femmes. Parce nous vivons dans une société où
les femmes sont encore considérées comme inférieures et qu’on peut les
insulter, les cogner, les violer, les tuer.

Mais il n’y a aucune raison de continuer à endurer cela !

Il n’y a aucune raison que seulement 8% de femmes osent porter plainte
après un viol. Il n’y a aucune raison qu’une femme victime de violences
conjugales ait sa vie foutue en l’air par cette violence. Il n’y a
aucune raison que les femmes éprouvent honte et culpabilité alors
qu’elles sont les victimes.

C’est à la société de prendre ses responsabilités

C’est à elle d’arrêter son double langage en condamnant les violences
d’un côté et en laissant faire la pub sexiste et la pornographie de
l’autre C’est à elle de protéger les femmes victimes. C’est à elle de
sensibiliser sur les violences faites aux femmes. .C’est à elle de faire
appliquer les lois qui sont votées. C’est à elle de ne pas traiter les
personnes prostituées comme des délinquantes.

C’est à nous tou-te-s de réagir quand nous sommes témoins de faits de
violences à l’encontre des femmes. Ces violences ne doivent plus être
tolérées !

L’Espagne a promulgué en décembre 2004 une loi-cadre contre la violence
de genre qui prévoit toute une série de mesures pour sensibiliser la
société contre les violences, aider les victimes et leurs proches, punir
les agresseurs.

FAISONS VOTER EN FRANCE UNE LOI CADRE contre les violences faites aux
femmes !




Par le collectif N.R.V
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Dimanche 26 novembre 2006

Le fascisme n'a pas de limites...
 
Déclarons-lui la guerre totale !!!
Par Enver Hoxha
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Le CURV, le collectif antilibéral viennois.

 

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