Et oui l’année prochaine, et les suivantes, il vaudra mieux avoir la pèche !
Notre système de santé part en sucette et ce à tous les niveaux. L’état se désengage totalement, comme dans la plupart des secteurs du service public. Le but étant clair : nous faire détester le service public, diviser les travailleurs, au grand bénéfice du secteur privé.
La mort lente de l’hôpital de Vienne en est un exemple flagrant. Géré depuis 20ans par différentes directions toutes plus incompétentes les unes que les autres, l’hôpital de Vienne est aujourd’hui ruiné, comme tant d’autres. Pour sauver les meubles, depuis le passage aux 35 heures, la direction veut gérer l’hôpital façon MEDEF. Direction à 10000 lieues des préoccupations des soignant et des patients, puisque n’ayant aucun diplôme médical ou para médical.
Lucien Hussel est donc aujourd’hui dans une politique de réduction de budget, donc de réduction de personnel. Alors qu’il y a 2 ans à peine la pénurie infirmière était d’environ 50 000 postes en France, l’Hôpital de Vienne serait en sur effectif de personnel 7 à 12%.
Les conséquences sont terribles : fermeture du service de réanimation et de soins intensifs de cardiologie, projet de fermeture du service de consultations spécialisées et de la neurologie.
De plus, une délégation de plus en plus forte au secteur privé : l’imagerie, les transports ( ambulances ou taxi ), fermeture de la stérilisation et passage à l’usage unique, et même de la chirurgie : uro-néphro et orthopédie.
Pendant ce temps là,
la Clinique Trenel se frotte les mains, elle explose les quotas au niveau du bassin viennois, sur les hospitalisations en chir uro-nephro et chirurgie orthopédique. Lucien Hussel à court terme va devenir un hôpital gériatrique et un pôle mère enfant, et basta.
Qui dit réduction de personnel et gestion capitaliste d’un hosto dit baisse des prestations, baisse du temps d’hospitalisation, moins bon suivit médical, surcharge de travail et mise en danger du patient.
Ayant travaillé à Trenel et à Vienne, j’ai également souvent été confronté aux réflexions de patients arrivant aux urgences de Trenel, et critiquant celles de Vienne : « trop d’attente, sûrement à cause de ces feignants bénéficiaires de
la CMU , ça pue, c’est moche, c’est quoi ces médecins qui ont un accent ? » etc. etc…
Oui les urgences de Vienne sont fréquemment engorgées, et pour causes elles doivent gérer toute la misère du monde avec de moins en moins de moyens.
Pendant ce temps là, à Trenel, tout n’est que calme luxe et volupté. Ce que ces gens formatés par TF1 ne savent pas c’est que l’urgentiste a des consignes strictes : faire de la thune, donc muter le plus de monde en chirurgie, si possible en chambre seule avec vue sur le Rhône,( 150 frs de plus / jour), ou prévoir une consultation ultérieur avec l’un des chirurgiens.
Sans parler d’un certain chirurgien peu scrupuleux qui fait sauter les appendices à tour de bras sur simple douleur abdo. Ne passer pas devant la clinique s’il est de garde il vous opérera vous votre famille et votre chien s’il est en forme !
Une fois l’hospitalisation finie, ces braves gens très heureux de leur séjour face au Rhône, auront droit aux traditionnels dépassements d’honoraires. Et pour ce gaver un peu plus, j’ai vu ce chirurgien maniaque du scalpel, trafiquer les feuilles de soins de la sécu et rajouter des soins ou des surveillances sous monitoring jamais réalisés.
Voila se qui nous attends, une santé à deux vitesse, où la recherche de bénéfices finira par tuer l’hôpital public, et ou les gens sans une thune n’auront qu’à crever.
Alors serrons les miches, et croisons les doigts pour ne pas être malade dans les années qui viennent, ne fumez plus, ne buvez plus, baisez pas trop, vous êtes déjà responsable du trou de la secu parait-il, faudrait pas aggravez votre cas.
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