Jeudi 28 décembre 2006
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Saint-Clair du Rhône et les Roches ont beaucoup d’aspects en commun, mais intéressons nous plutôt à ce minuscule village que sont les Roches (le deuxième plus petit de France).
Si on s’abstient de sa taille ridicule, héritée de son passé marinier, les Roches de Condrieu ont des quasi-caractéristiques de ville de banlieue. Sa densité d’habitants au kilomètre² atteint 1763 habitants (sur 1,03km en même temps), ce qui, pour un bled sensé être rural, est quand même foutrement élevé. D’autre part, avec 13733 euros de revenus par ménage et par ans, les Rochelois sont à 2000 euros en deçà de la moyenne française.
Néanmoins, les Roches ont une écologie urbaine très particulière.
A mi-chemin entre Vienne et Le Péage de Roussillon, les Roches ont certes un histoire ouvrière, mais c’est bien du passé depuis la fermeture de Chardon. Les Rochelois sont donc amenés à travailler en dehors des Roches. Fort heureusement, il existe dans la commune une grosse gare très bien desservie car utilisée par tous les habitants du bassin et des coteaux du Pilat. Aux Roches, le seul avenir possible est de prendre le train (ou de rouler). Les Roches sont un village-dortoir. Situées à ½ de Lyon, les Roches tendent à devenir sa proche banlieue (et Pélussin, par exemple, son cercle périurbain). En dehors de Lyon, de moins en moins de salut.
Au sein des trois villages qui forment une conurbation urbaine, Saint Clair, Condrieu et Les Roches, d’à peu près 10 000 habitants, ce dernier village occupe une place centrale. Cette position, loin d’avantager les Roches, les place à la fois en retrait de Saint-Clair et de Condrieu, d’autant plus que le centre ville est plus reculé. C’est seulement au cours des dernières décennies que les Roches ont perdu peu à peu leurs commerces. Restent une boulangerie, quatre bars, trois coiffeurs, une pizzzeria près de la route principale (qui marche bien, elle), un bureau de tabac, une boucherie, une caisse d’épargne jamais ouverte et un petit casino (où les commerçants ne restent jamais longtemps). Le village est encadré d’une part par la route qui va de Condrieu au Péage, de l’autre par
la Route de Gerbey et enfin par les collines qui mènent à Saint-Prim sans oublier Rhône-Poulenc (ou ce que c'est devenu...). En plus de l’importante communauté portugaise, les Roches s’ouvrent peu à peu aux autres immigrés.
Ce qui rapporte le plus, c’est peut-être le tamien. Car, si les Roches sont fermées à l’économie formelle, leur position leur confère un rôle assez important dans l’économie parallèle ultra-locale car tout le monde va à un moment donné traîner aux Roches. Il y a une sacré culture d'ouverture, mais elle tend à se réduire de plus en plus....
La mairie des Roches est dirigée par Mr Belmonte, qui s’occupait avant sa retraite des étrangers de Vienne au commissariat…. On ne dira rien pour ne pas risquer un procès ! Sinon, il y a toujours les vieilles familles de ***** notables locaux, pour contrôler le village et construire des trucs abérrants et très chers. En tout cas, les Roches a toujours été gèré autoritairement, sans écouter les habitants (le projet d'agrandissement du port au sujet duquel les plaisanciers n'ont même pas été prévenus au départ ou le projet de faire des Roches le village du livre et de l'estampe, comme si les Roches avaient besoin de ça). Et de façon ultra-dépensière. Franchement, on en vient presque à préferer la pingrerie de Vienne à la façon dont a pu être gèrée ce bled !
En bas du village, le long du Rhône, il y a un port qui donne un petit côté balnéaire à ce patelin. Les habitants du port sont souvent plus riches que les habitants du villages et forment une communauté particulière et dans certains cas relativement agressive à l’encontre de la jeunesse Rocheloise qui ne manque pas de vouloir aller traîner dans ces agréables lieux.
Ce qui fait la particularité des Roches, c’est la centralité des couches populaires. Le centre-ville se paupérise de plus en plus. Les vieilles maisons du centre-ville sont réaménagées en studios. Les lotissements et les immeubles populaires sont situés aux abords de la route principale (entre Condrieu-Saint-Clair). Un lotissement a été construit près du Rhône très récemment, et il change un peu la donne car il est aussi très populaire, mais dans l’ensemble, plus on s’éloigne du centre-ville, plus les habitants sont riches. C’est ce qui fait des Roches un village à l’américaine : on laisse le peuple au centre, et les bourgeois (si tant est qu’il y aie des bourgeois aux Roches) sont à l’extérieur.
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